
Ses idées novatrices, sa vision futuriste, son amour pour sa patrie, son intégrité, son pari sur le savoir et l’éducation, sa stature, son charisme, sa maitrise du verbe, son paternalisme et son modèle sociétal font de Bourguiba et du Bourguibisme une référence sur laquelle s’adossent de plus en plus de Tunisiens qui se sentent menacés dans leur identité et leur spécificité.
Bourguiba est à jamais dans le panthéon des grands qui ont marqué ce monde. Ben Ali s’est juré vingt ans durant de l’effacer de la mémoire collective mais en vain. Ses actuels détracteurs tentent ignoblement de le discréditer et de renier son passé glorieux et les plus ingrats essayent maladroitement de salir sa mémoire mais ses traces sont indélébiles et son empreinte est à jamais dans le tissu social tunisien. Il a contribué par la justesse de ses idées et l’amour qu’il portait à son pays de faire des tunisiens un peuple savant, moderne, tolérant, fier de sa tunisianité et ancré dans ses traditions.
Plus qu’un chef d’Etat, Bourguiba a été le patriarche dévoué exclusivement au service de son peuple et de son pays et d’ailleurs de son vivant ou même après sa mort, on ne lui connaissait ni richesse, ni villas en Europe, ni patrimoine immobilier, ni comptes bancaire bien garni.
Ses batailles furent multiples et son histoire a été marquée par ses différents combats contre la colonisation, contre l’ignorance, contre le régionalisme et contre l’obscurantisme. Visionnaire, paternaliste et bâtisseur, Bourguiba n’est pas un homme politique ordinaire, il est un grand homme dans le sens le plus noble du terme. C’est un fédérateur et un rassembleur proche de son peuple qui a consacré l’éducation, la santé, la lutte contre l’analphabétisme, le progrès social et l’émancipation de la femme comme priorités pour baliser les fondements d’un pays moderne et savant.
Bourguiba est certes parti et malgré le temps qui est passé, presque 25 ans depuis sa destitution, son œuvre reste en nous et l’hommage qui lui est rendu chaque jour par des millions de Tunisiens est la preuve que la pensée Bourguibiste est une référence culturelle et identitaire.
Par ces temps de tumultes idéologiques, de tiraillements identitaires et de menaces d’invasions étrangères, les innombrables hommages rendus par des anonymes, des intellectuels et des politiciens à Bourguiba l’homme de tous les combats, sont le rempart infranchissable pour confirmer et crier son appartenance et son patriotisme, se protéger contre l’obscurantisme wahhabite et affirmer que la seule allégeance qui vaille est l’allégeance au devoir national , au savoir , à la science , à la compétence et au mérite.
Par ses combats, par la justesse de ses idées, par son charisme, par sa probité, par son intégrité et par son amour pour son pays et son peuple , Bourguiba laisse une œuvre à la dimension de sa personne. La résurrection et la référence à ses pensées et à sa trajectoire n’est pas pour un honorer un homme mais pour honorer une philosophie et un schéma sociétal dans lequel l’attachement aux vraies valeurs religieuses et morales, la pratique des traditions locales et nationales, la priorisation de l’éducation, l’importance de les sciences et le progrès constituent une richesse inépuisable.
D’ailleurs Bourguiba n’a cessé de marteler à ses adversaires extrémistes de tous bords : « La Tunisie n’est pas laïque, elle juste musulmane et moderne. L’islam, religion de sagesse et de valeurs n’est en point contradictoire avec le savoir et la modernité. »
Jalel JEDDI
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