
Avec des politiques du type de Abdennaser Laouini, Abdelaziz Mzoughi, Khemais Ksila, Mongi Rahoui, Mohsen Marzouk et Tahar Ben Hassine d’un côté et Habib Ellouze, Sahbi Atig, Hamza Hamza, Nejib Mrad, Imed Daïmi et Abderaouf Ayadi de l’autre, le champ politique tunisien est miné et les débats publics atteignent rarement le minimum requis de respectabilité et de bon sens.
Entre le rêve anarchiste, le penchant séparatiste des uns et les tendances extrémistes et l’instinct génocidaire de l’autre, les adversaires politiques sont devenus ennemis. La divergence de points de vue s’est transformée en opposition frontale et l’acceptation de l’autre s’est muée en une haine féroce et une volonté affichée d’exclusion de l’autre juste pour prendre sa place.
Les discours et les tribunes ne sont plus de simples expressions pour exposer des idées ou présenter des programmes et des solutions mais une occasion pour exprimer leurs instincts sanguinaires et leur haine viscérale de l’autre. Aujourd’hui la scène politique est entrée dans une ère d’inculture, d’indigence, de violence et de médiocrité caractérisées qui éloigne de plus en plus l’île des politiciens du reste du pays.
Profitant des micros tendus et des tribunes partisanes, nos apprentis orateurs peinent à maitriser cette arme redoutable qu’est le discours politique et tel un boomerang les appels au meurtre, à la haine , à l’anarchie et au refus de l’autre n’ont eu d’effet que de creuser davantage le fossé qui sépare cette caste politique du reste de la population qui se désolidarise de plus en plus et exprime son désaveu et son refus catégorique pour ces discours indigestes.
Les Tunisiens se sont pris à rêver que la nouvelle classe politique allait se pencher sur leurs vraies préoccupations, qu’elle allait s’élever à la hauteur de leurs attentes et espérances et qu’elle allait réinstaurer la confiance perdue après un règne de 23 années de pouvoir absolu, de clientélisme et de manipulations. Et rien n’est plus fragile que la confiance d’un peuple envers son élite car elle exprime une foi, une croyance, une délégation et un mandat temporaire pour guider le peuple vers une dignité, une prospérité et une paix civile tant convoitées.
Or aujourd’hui la confiance est rompue et le divorce avec cette caste politique est consommé par l’aveuglement idéologique des uns et la volonté séparatiste des autres. A l’heure où nous traversons une période particulièrement trouble et minée par son lot d’incertitudes, de menaces et d’inconnus , il serait opportun que les nouveaux nababs et gourous de la scène politique apprennent à souffler sur la braise de la haine pour essayer d’éteindre le feu de la violence au lieu et place de lui en rajouter de l’huile pour que ses flammes ravagent tout le pays et emportent tout le monde .
Jalel JEDDI
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