Dans la nuit du 3 au 4 septembre 2012 une jeune femme tunisienne a été violée par deux policiers avec la complicité d’un troisième policier. Cet acte n’est pas un «fait divers banal» : c’est un crime qui doit être dénoncé et dont les auteurs doivent être jugés et condamnés.
Les autorités politiques et judiciaires tunisiennes au lieu d’apporter leur soutien aux victimes cherchent à protéger les policiers en essayant de minimiser leur crime et en dénigrant et diabolisant la victime et son fiancé présentés comme des « dépravés ».
Les membres du CTDL (Collectif Tunisien pour la Défense des Libertés) apportent leur soutien et leur solidarité à la victime du viol et à son fiancé.
Ils expriment leur stupeur de voir les victimes sur le banc des accusés en compagnie de leurs agresseurs et dénoncent leur poursuite pour « outrage public à la pudeur ».
Cette attitude qui prétend « défendre la morale et les bonnes mœurs » a pour objectif d’exercer une pression sur la victime pour l’inciter à retirer sa plainte.
L’élan de solidarité avec la victime de ce viol et de son compagnon qui s’est exprimé en Tunisie et à l’étranger doit se poursuivre afin de faire valoir le droit des victimes et pour écarter toute tentation d’impunité pour cet acte odieux.
Le jugement et la condamnation des policiers, auteurs du viol et de la séquestration de son fiancé, doit s’accompagner du classement sans suite des poursuites visant les victimes et d’une reconnaissance de leurs droits et de leur dignité.
Les membres du Collectif expriment leur soutien aux initiatives accomplies ou à venir pour la défense des victimes de cette affaire et pour la défense des droits des femmes et de leur égalité avec les hommes.
Communiqué
Paris le 1er octobre 2012
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