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Le doyen des barrages tunisiens à l’épreuve du temps : Mellègue prépare sa relève

23 juin 2026
in Divers
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Barrage Mellegue : une panne provoque un important écoulement d’eau
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Pendant plus de sept décennies, il a résisté aux crues, assuré l’approvisionnement en eau et protégé des milliers d’habitants des risques d’inondation. Aujourd’hui, le barrage de Mellègue, considéré comme le « doyen des barrages tunisiens », arrive à la fin de son cycle de vie et s’apprête progressivement à céder sa place à une nouvelle infrastructure hydraulique.

Construit en 1954 sur l’oued Mellègue, réputé pour ses débits parfois violents et ses crues importantes, cet ouvrage avait été conçu pour répondre à une double mission stratégique : protéger la ville de Jendouba contre les inondations et garantir les ressources hydriques nécessaires aux gouvernorats du Kef et de Jendouba.

Au fil des décennies, le barrage est devenu un maillon essentiel de la politique hydraulique tunisienne. Mais le temps a fini par laisser son empreinte sur cette infrastructure historique. Aujourd’hui, près de 80 % de sa capacité est occupée par des sédiments transportés par l’oued Mellègue, réduisant considérablement sa capacité de stockage et son efficacité opérationnelle.

Face à cette situation, les autorités ont lancé dès 2016 un vaste projet visant à assurer la relève à travers la construction du barrage de Mellègue supérieur. Ce nouvel ouvrage, dont les travaux devraient être achevés d’ici la fin du mois de septembre 2026, entre actuellement dans sa dernière phase de réalisation. Les opérations en cours concernent essentiellement l’aménagement des accès routiers et les derniers travaux de nettoyage et de finalisation du chantier.

L’incident récent ayant affecté l’une des vannes du barrage a également mis en lumière la vulnérabilité d’une infrastructure vieillissante. Selon les responsables, près de 29 millions de mètres cubes d’eau se sont écoulés à la suite de cet événement. Toutefois, les équipes techniques sont parvenues à préserver environ 8 millions de mètres cubes, une réserve jugée suffisante pour assurer les besoins agricoles du périmètre irrigué de Jendouba durant une période estimée à trois mois.

Les autorités se veulent néanmoins rassurantes quant à l’impact sur les zones agricoles. Les secteurs irrigués du gouvernorat du Kef, notamment les délégations de Nebeur et Sidi Khiar, ne dépendent pas directement de la vanne concernée mais d’un système de pompage installé au cœur du barrage. Quant aux exploitations agricoles de Jendouba, leur approvisionnement sera désormais assuré à partir du barrage de Bouhertma.

37 barrages en activité et une stratégie hydraulique en pleine évolution

Au-delà du cas particulier du barrage de Mellègue, les autorités rappellent que l’ensemble des infrastructures hydrauliques tunisiennes fait l’objet d’un suivi régulier conformément aux normes internationales. Les opérations comprennent une maintenance périodique, des interventions préventives ainsi que des réparations en cas de dysfonctionnement.

La Tunisie dispose actuellement de 37 barrages en exploitation à travers le pays, auxquels s’ajoutent quatre nouveaux ouvrages en cours de réalisation : les barrages de Kalaâ Kébira à Sousse, Douimis à Bizerte, Khlad à Béja et Saïda à Manouba. Leur mise en service est prévue au cours de l’année 2026, à l’exception du barrage de Saïda qui fait face à certaines contraintes logistiques, notamment dans l’approvisionnement en matériaux de construction.

Parallèlement, de nouveaux projets continuent d’émerger. Les travaux du barrage de Reghaï, situé à Ghardimaou dans le gouvernorat de Jendouba, ont ainsi été lancés en janvier 2026.

Malgré les bouleversements climatiques et les changements observés dans la répartition géographique des précipitations, le ministère de l’Agriculture estime qu’un changement radical de la stratégie nationale n’est pas à l’ordre du jour. Les choix de localisation des futurs barrages restent principalement dictés par les contraintes naturelles et topographiques, jugées déterminantes pour assurer leur efficacité à long terme.

Une page importante de l’histoire hydraulique tunisienne semble ainsi se tourner avec Mellègue. Après plus de 70 ans de service, le « patriarche » des barrages du pays laisse progressivement place à une nouvelle génération d’ouvrages appelée à relever les défis croissants liés à la gestion des ressources en eau.

Avec TAP

B.O

Tags: barrage MellegueJendoubaLe KefNebeurTunisie
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