
L’ensemble de la population Tunisienne est dépitée, déçue, amère, révoltée et adresse des messages clairs à toutes les composantes politiques du pays : « Cessez vos machinations politiciennes, faites valoir l’intérêt national, soyez à la hauteur de vos responsabilités, oubliez le pouvoir et occupez- vous de ce peuple qui souffre, sortez le pays de ce gouffre de l’instabilité et marquez à jamais vos noms dans l’histoire du pays en tant qu’Hommes d’Etat et de Bien collectif et non en tant que Traitres à la NATION ».
Fidèles à sa tradition, notre classe politique, toutes tendances confondues, feignent les défis qui lui sont imposés par la révolution à savoir développement régional, inflation, cherté de la vie, dignité violence et sécurité et dans leur quête effrénée de pouvoir, oublie que la Patrie ne peut être édifiée que par l’ensemble des Tunisiens et que sa solidité tient des sacrifices que chaque partie consent pour le bien national.
Après l’échec de l’initiative Jebali, la situation s’aggrave et les divisions s’accentuent. Tant à l’intérieur même d’Ennahdha entre partisans de l’aile dure qui veut accaparer tous les pouvoirs et l’aile modérée plus prompte à partager la responsabilité du pouvoir qu’au sein des autres composantes politiques qui vacillent entre opposition responsable, partisans d’une participation au prochain gouvernement par souci de l’intérêt national et une opposition de destruction affamée de pouvoir, qui usent de tous les stratagèmes pour faire capoter l’initiative de Laârayedh, bien qu’il ait répondu à la majorité des revendications de l’opposition dans une tentative de consensus salvatrice .
La situation parait actuellement de plus en plus complexe et les solutions tardent à venir car si certains ont répondu positivement à l’appel, d’autres s’obstinent à camper sur leurs positions du refus catégorique de toute alliance avec Ennahdha, et même ses alliés historiques (Ettakatol et le CPR) commencent à amorcer un revirement de position, après que la parti islamiste a répondu positivement à leur requête.
Les uns obnubilés par les stratégies présidentialistes des chefs Ben Jaâfar et Marzouki qui placent en ligne de mire les prochaines échéances électorales et les autres habités par un sentiment de vengeance , de haine et de refus de tout dialogue avec les autres composantes.
Même son de cloche chez Al Joumhouri pour qui le boycott de l’initiative Laârayedh et l’échec annoncé d’Ennahdha pourrait mettre sur orbite Néjib Chebbi pour la primature suprême et même le discours responsable de Maya Jeribi, appelant de tous ses vœux à une issue urgente à la crise actuelle ne peut masquer cette obsession pour le poste tant convoité.
Même le sursaut de conscience salutaire de l’Alliance Démocratique qui s’est montrée conciliante en soutenant l’initiative et en exprimant sa volonté de participer avec des conditions logiques au nouveau gouvernement est semble-t-il compromise par le revirement soudain de quelques membres du parti ( pour ne pas dire d’un membre qui se reconnaitra), qui alléché par les postes promis par un grand parti, au lendemain des prochaines élections, tisse de nouvelles alliances avec l’opposition et use de tout son poids pour saboter l’initiative.
Toutes ces magouilles ne sont pas responsables ou respectueuses de la volonté du peuple au moment où le pays passe par la plus grave crise politique de son histoire. Il est dans ce sens révoltant de remarquer qu’au moment où la Tunisie s’oriente vers une transition démocratique, les partis politiques au pouvoir et de l’opposition refusent le dialogue et fassent pencher l’intérêt partisan avant l’intérêt collectif. Mais ce qui est certain c’est que l’histoire ne pardonnera pas à ces traitres de tous bords la prise en otage de l’avenir de la Tunisie.
Jalel JEDDI
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