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Le Japonais Yukiya Amano élu à la tête d’une AIEA divisée

3 juillet 2009
in International
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Le diplomate japonais Yukiya Amano a été élu à la tête d'une Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) divisée, par le minimum des voix requis et sans le soutien des pays en développement.

Il succède à l'Egyptien Mohamed ElBaradeï, lauréat du Nobel de la paix en 2005, qui n'a pas souhaité briguer un quatrième mandat après douze années passées à la tête de l'AIEA et quittera ses fonctions en novembre.

L'AIEA, qui est chargée de veiller à la non prolifération nucléaire, gère certains des dossiers internationaux les plus délicats du moment – Corée du Nord, Iran, Syrie – mais l'absence d'un large consensus autour de la personnalité d'Amano risque de peser sur l'autorité du futur patron.

Le résultat de son élection par le conseil des gouverneurs de 35 pays membres reflète les divergences entre le bloc des pays riches, partisans de la fermeté envers les cas suspects de prolifération, et celui des pays pauvres qui réclament un meilleur partage de la technologie nucléaire à usage civil.

L'actuel ambassadeur du Japon auprès de l'AIEA a été élu au quatrième et dernier tour de scrutin par 23 voix pour et une abstention, aux dépens du Sud-Africain Abdul Samad Minty.

Avant le vote, la Russie avait prévenu les autres membres du conseil des gouverneurs, a rapporté un diplomate européen, qu'elle jugerait "inacceptable" que Yukiya Amano ne soit élu qu'avec la plus faible des marges, car cela ne ferait qu'accentuer le fossé Nord-Sud et ébranler la crédibilité du nouveau patron de l'AIEA.

UN SPÉCIALISTE DU DÉSARMEMENT

Yukiya Amano était arrivé en tête d'un premier vote le 26 mars dernier, sans parvenir à rassembler – à une voix près – la majorité requise des deux tiers du conseil (24).

A la suite de ce premier vote infructueux, il avait décidé de se représenter, tout comme son principal rival Samal Minty, soutenu par les pays en développement.

Trois autres candidats étaient alors entrés en lice, l'Espagnol Luis Echavarri, le Belge Jean-Pol Poncelet et le Slovène Ernest Petric. Ceux-ci se sont retirés de la course à l'issue d'un vote blanc effectué le 9 juin à l'issue duquel ils sont arrivés derniers. Luis Echavarri a été éliminé jeudi au premier tour de scrutin.

Né en 1947, diplômé en droit à l'Université de Tokyo, Yukiya Amano a fait carrière au ministère nippon des Affaires étrangères et a été en poste à Washington, Bruxelles, Genève et Vientiane.

Spécialiste du désarmement multilatéral, il a participé aux négociations qui ont abouti à l'extension du Traité de non prolifération (TNP) en 1995, au traité d'interdiction des essais nucléaires de 1996 et au protocole de vérification de la Convention de 2001 sur les armes biologiques.

Il était président du conseil des gouverneurs de l'AIEA en 2005-2006 quand l'agence a reçu, avec son directeur ElBaradeï, le prix Nobel de la paix.

Yukiya Amano est considéré comme un technocrate et un homme réservé, contrairement à son prédécesseur, plus politique et expansif.

On le dit proche de la position des Etats-Unis sur l'Iran, qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme d'électricité civil.

Dans une interview en février 2009, le futur directeur général de l'AIEA avait prôné le respect et un dialogue constructif avec Téhéran et salué la volonté du président Barack Obama d'engager un processus de discussion avec l'Iran.

source: Reuters
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