Le Parti destourien libre (PDL) a publié, vendredi 10 juillet 2026, un communiqué réfutant les informations selon lesquelles sa présidente, Abir Moussi, ne serait pas autorisée à se représenter à la tête du parti lors du prochain congrès en raison des dispositions statutaires.
Le parti qualifie ces affirmations de « totalement infondées » et assure qu’Abir Moussi, détenue depuis le 3 octobre 2023, remplit toutes les conditions lui permettant de briguer un nouveau mandat.
Pour étayer sa position, le PDL rappelle qu’Abir Moussi a été désignée présidente lors du « Congrès de la Résilience », organisé le 13 août 2016. Selon le parti, cette réunion constituait un congrès fondateur et consensuel, destiné à lancer la structuration de la formation politique, sans qu’aucun poste ne fasse l’objet d’un scrutin.
Le PDL souligne ensuite que son premier congrès électif s’est tenu du 12 au 14 août 2021 sous le slogan « Congrès des Lumières ». À cette occasion, la direction actuelle, conduite par Abir Moussi, a été élue à l’issue d’un vote que le parti décrit comme « libre, transparent et démocratique ».
Le communiqué s’appuie également sur l’article 11 des statuts du PDL, qui prévoit qu’« aucun membre ne peut exercer la présidence du parti pour plus de deux mandats complets consécutifs, comptabilisés à partir de la date du premier congrès électif ». Le parti estime ainsi que le décompte des mandats débute avec le congrès de 2021, ce qui permet à Abir Moussi de se présenter de nouveau lors du prochain congrès.
Le PDL appelle enfin les médias à faire preuve de rigueur dans le traitement de cette question et à ne pas relayer ce qu’il considère comme de fausses informations, estimant qu’elles portent atteinte à l’image de sa présidente et contribuent à renforcer « l’injustice sans précédent » dont elle ferait l’objet.
Cette clarification intervient quelques jours après la publication d’une lettre ouverte de l’ancien député Majdi Ben Khiareddine Boudhina, qui avait invité Abir Moussi à renoncer à solliciter un troisième mandat à la tête du PDL.
Dans sa lettre, l’ancien parlementaire soutenait qu’un parti opposé à l’idée d’un troisième mandat présidentiel devait appliquer les mêmes principes à son fonctionnement interne. Il plaidait également en faveur d’un renouvellement générationnel de la direction du parti et d’un recentrage de son discours sur les priorités économiques et sociales des Tunisiens.
Cette prise de position a suscité des réactions partagées au sein de la famille destourienne. Plusieurs militants et sympathisants du PDL ont rejeté cette initiative, la considérant comme une contestation de la direction du parti dans un contexte marqué par la détention d’Abir Moussi et la poursuite de la mobilisation en faveur de sa libération.

