
Les Tunisiens sont dépités, déçus, amers, inquiets, révoltés et adressent un message clair à toutes les composantes politiques du pays : « Ne ratez pas votre rendez-vous avec l’histoire de ce pays et soyez à la hauteur de vos responsabilités.
Oubliez le pouvoir et faites valoir l’intérêt collectif avant les intérêts partisans pour sortir le pays de ce gouffre. L’histoire d’une patrie ne peut être écrite que par l’ensemble de ses enfants.»
La situation s’aggrave, les divisions s’accentuent et le fossé de la compréhension se creuse entre les différentes composantes de la scène politique tunisienne. Les tentatives de médiation tardent à aboutir et toutes les parties campent sur leurs positions. Elles s’obstinent à avoir une vision partisane du problème en feignant les dangers et les risques sécuritaires, économiques et sociaux qui guettent le pays.
La Tunisie retient son souffle et le temps est suspendu à la capacité de l’UGTT à honorer son rôle historique de fédérateur des forces vives, à la volonté des partis politiques de faire des concessions et à l’aptitude des certains hommes à ôter l’uniforme partisan et à se draper de l’étendard national.
Au pouvoir depuis 24 mois, le gouvernement Troikal affronte une des plus graves crises qu’a connues la Tunisie et risque de glisser le pays dans une impasse institutionnelle et politique.
Ainsi le scénario du maintien de l’ANC assorti d’un calendrier fixé préalablement et la formation d’un gouvernement de compétences nationales comme l’ont préconisé un certain Hamadi Jebali le soir du lâche assassinat de feu Chokri Belaid le 6 Février dernier, Mohamed Hamdi de l’Alliance Démocratique au lendemain du meurtre abominable de Mohamed Brahmi et de Houcine Abassi secrétaire général de l’UGTT , paraît le plus prompt à sortir le pays de cette impasse politique.
Un scénario qui offre une sortie honorable pour tous les protagonistes et qui évite au pays de sombrer dans les travers du spectre séparatiste. L’alternative pour peu qu’elle aboutisse est porteuse d’espoir et représente l’ultime opportunité de réconcilier le peuple avec ses élites politiques.
La dernière chance pour une classe politique qui doit démontrer sa stature d’hommes d’Etat et prouver que la priorité n’est pas le partage de pouvoir et l’attribution de ministères mais l’édification d’une patrie unie, forte, fière et aimante de tous ses enfants sans exclusion.
L’heure est au dialogue et à la concordance et il n’est pas respectueux de la volonté du peuple, qu’au moment où on s’oriente vers une transition démocratique exemplaire et historique, les partis politiques au pouvoir et de l’opposition refusent le consensus et fassent pencher l’intérêt partisan avant l’intérêt collectif et l’histoire ne pardonnera jamais aux traitres de tous bords la prise en otage de l’avenir d’un peuple et d’un pays.
Jalel JEDDI
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