Le dossier de la Omra, le petit pèlerinage, n’est pas près d’être clos, car la société «Montazah Gammarth», malgré ses déboires dans la gestion et l’organisation du Hajj et de la Omra de l’avis de tous, continue de faire la loi dans le secteur et semble même renforcer sa mainmise dessus, particulièrement suite au Conseil ministériel organisé il y a quelque temps à ce sujet qui est revenu sur sa décision de libéralisation de la Omra pour 2016 et a opté pour un retour aux quotas entre les agences de voyage et ladite société (20 mille candidats à la Omra pour chaque partie).
Pour en savoir plus sur les derniers développements autour de ce dossier qui, dans l’état actuel des choses porte un grave préjudice aux agences de voyage, nous avons contacté M. Mohamed Ali Toumi, président de la Fédération tunisienne des agences de voyage (FTAV) qui a répondu à nos questions.
Où en sont les tractations au sujet de la libéralisation ou non du secteur de la Omra ?
Ces derniers jours, comme vous le savez tous, l’actualité et les activités des responsables sont concentrées sur le remaniement ministériel et la mise en place du nouveau gouvernement. Car, suite à nos différentes rencontres avec de nombreux responsables au sein du gouvernement, il s’est avéré que, bien que convaincus de la justesse de notre cause si l’on ose dire, les décisions n’ont pas suivi suite à la volte-face constatée après la tenue d’un Conseil des ministres à ce sujet qui est revenu sur la libéralisation du secteur.
Sachant que, d’autre part, ayant eu toutes les assurances de la part du ministère du Tourisme au sujet de la prorogation de libéralisation appliquée depuis 2013, et qui a donné ses résultats, le gouvernement en a décidé autrement malgré les difficultés rencontrées par la société «Montazah Gammarth» dont le sort se décidera prochainement quant à la poursuite de ses activités.
Comment une société en difficulté peut-elle imposer sa loi ?
C’est la grande énigme et nous souhaitons bien avoir une réponse la-dessus. A nos yeux trop d’interventionnisme guide l’action de cette société et à ce jour, rien n’a été fait pour mettre au clair la gestion de «Montazah Gammarth» à tous les niveaux.
En contre-partie, malgré la réussite de notre expérience dans la libéralisation de la Omra et les résultats positifs enregistrés, toutes les critiques nous ont été adressées par notre concurrent ; des critiques infondées dans le but de salir notre image, l’image des agences de voyage.
Et même s’il y a eu des dépassements, c’est à la Fédération, la FTAV, de prendre les mesures qui s’imposent sur la base des rapports établis en conséquence.
Notre position est claire à ce sujet et au sujet du coût de la Omra entre autres, car il n’échappe à personne que les prix pratiqués par les agences de voyage sont de loin plus abordables que ceux proposés par la société «Montazah Gammarth», évidemment cela se faisant dans la transparence la plus totale et le respect de la concurrence loyale.
Mieux encore, certaines parties veulent nous imposer un cahier de charges, alors qu’elles n’ont aucune vision claire sur le secteur et cherchent même à élaborer ce cahier à leur manière sans aucune consultation des parties prenantes. Nous sommes prêts à échanger toute idée qui servirait le secteur et au profit du citoyen.
Y aura-t-il une sortie de crise prochainement ?
Nous le souhaitons bien, étant convaincus de la justesse de notre cause, comme les ministres concernés par ce dossier qui sont tout aussi convaincus, et de la logique qui dit que ce sont les agences de voyage qui doivent s’occuper de ce genre de déplacement qui possède tout de même un caractère touristique, car une Omra ce sont deux journées de rites religieux, le reste ce sont des balades et des achats.
A quoi j’ajouterai que la bonne gestion de la Omra de la part de nos agences de voyage ne peut avoir que des conséquences positives sur le tourisme en général, et qu’au lieu de dépenser son énergie et de concentrer ses efforts sur ce sujet, on ferait mieux de s’occuper de la crise dans laquelle se débat notre tourisme justement.
De toute manière, nous sommes confiants que le Chef du gouvernement prendra la bonne décision à ce sujet, celle qui nous rendra justice et permettra à nos agences de voyage de poursuivre leurs activités pour ne pas se noyer à leur tour dans la crise et la faillite totale.
Propos recueillis par J. B. A.