Le président tchadien Idriss Déby réclame à nouveau à l'Etat français les 6,3 millions d'euros de dommages et intérêtsdus par les six membres de l'ONG Arche de Zoé, condamnés pour enlèvement d'enfants en 2007.
Mais le Quai d'Orsay lui a répondu lundi que la France ne s'estimait pas concernée par cette facture qui ne vise que les auteurs des crimes en question.
Idriss Déby a déclaré au magazine Jeune Afrique que les sommes n'avaient pas été versées et a assuré que Nicolas Sarkozy lui avait garanti que la France contribuerait à l'indemnisation.
"Je continue jusqu'ici à croire que Nicolas Sarkozy fera ce qu'il a dit. Je ne peux penser un seul instant qu'un chef d'Etat qui a donné sa parole puisse se dédire", dit-il.
Le ministère français des Affaires étrangères lui a apporté une fin de non recevoir.
"La dette civile reste due par les membres de l'Arche de Zoé, condamnés par la justice tchadienne. L'Etat français ne saurait se substituer aux intéressés pour le règlement de cette dette", a dit un porte-parole lors d'un point de presse.
Arrêtés le 27 octobre 2007 dans l'est du Tchad alors qu'ils s'apprêtaient à emmener en France 103 enfants, les six membres de l'Arche de Zoé ont été condamnés deux mois plus tard à huit ans de travaux forcés par la cour criminelle de N'Djamena pour tentative d'enlèvements.
La cour leur a aussi infligé à ce moment des dommages et intérêts. Ils ont été transférés le 28 décembre 2007 en France, où leur peine a été convertie le 28 janvier 2008 en huit ans de prison. Ils ont ensuite été libérés en avril à la suite d'une grâce du président tchadien.
L'enquête a montré que les 103 enfants n'étaient ni orphelins ni soudanais, et avaient été recueillis dans l'est du Tchad auprès de leurs parents, via des intermédiaires.
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