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Le procès intenté contre Mezri Haddad sera celui du wahhabisme

18 juin 2013
in Chroniques
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Khadija Benguena, présentatrice vedette de la chaîne de tous les malheurs du monde arabe et de la propagande philonazie d’Al Jazeera-TV, serait mieux avisée de démissionner plutôt que d’attaquer en justice pour diffamation l’un des philosophes les plus respectés dans le monde arabe et le plus connu en Occident, Mezri Haddad.

Démissionner, à l’instar des très respectables Ghassen Ben Jeddou, Samy Haddad, Aksam Souleymane ou Louna Chebbi. Si elle se sentait aussi offensée que cela par la teneur des propos de mon compatriote, pourquoi continuerait-elle à exercer son métier sur une chaîne de télévision qui s’est spécialisée dans l’art de la duplicité et dont il n’est plus un secret pour personne qu’elle diffuse -autrefois à dose homéopathique et depuis le « printemps arabe », à dose massive- le poison du wahhabisme et de l’islamisme anti-arabe, antinational, subtilement antioccidental et profondément négationniste ?

Lorsqu’on a un minimum de vertu morale et d’humanisme, on devrait tout naturellement prendre ses distances avec une chaîne toute vouée à la démolition du monde arabe, au nom de la démocratie, et qui surfe sur les vagues de l’antisémitisme, ce qui n’empêche son propriétaire, l’émir du Qatar, d’entretenir les meilleurs relations avec Israël !

A-t-elle fait jouer sa clause de conscience et exercé son droit de retrait lorsque le Pape du sunnisme version Frères Musulmans, Youssouf Qaradhaoui, avait publiquement déclaré sur le plateau de la même chaîne, dans un sermon qui aurait dû lui valoir d’être traduit devant les tribunaux pour incitation à la haine raciale et apologie du Génocide: « Qu’ Allah, emporte les Juifs, les agresseurs meurtriers. Qu’Allah emporte cette bande de débauchés, de fourbes, d’arrogants…Qu’ Allah n’épargne aucun d’entre eux. Puisse Allah, compte-les et tue-les jusqu’au dernier ».

Le même Qaradhaoui, le Mufti de l’O.T.A.N, l’âme damnée de l’Emir du Qatar qui vient d’être remercié par les Américains au profit de son fils, et qui diffuse depuis des années, sur Al-Jazeera, un discours de haine qui n’a absolument rien à voir avec l’Islam, déclarait en 2009 : « Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu’il leur a fait – et bien qu’ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C’était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans. (…) Pour conclure mon discours, je voudrais dire que la seule chose que j’espère est qu’à l’approche de la fin de mes jours, Allah me donne l’occasion d’aller sur la terre du djihad et de la résistance, même sur une chaise roulante. Je tirerai sur les ennemis d’Allah, les Juifs, et ils me lanceront une bombe dessus et ainsi, je clorai ma vie en martyr. Loué soit Allah, Roi de l’univers. Que la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous. »

Ce qui est obséquieux et scandaleux est moins la blessure morale que lui aurait infligée Mezri Haddad que sa cohabitation professionnelle ou plutôt sa proximité idéologique avec le Goebbels d’Al Jazeera, Youssef Qaradhaoui.

En effet, il est difficile pour elle de se prévaloir d’une quelconque indépendance politique vis-à-vis d’un employeur qui a fait de cette chaîne une véritable machine de guerre islamiste et un puissant instrument de wahhabisation des masses arabes, qu’on galvanise pour déstabiliser leurs régimes et pour aller faire le djihad en Syrie.

Sait-elle que sa simple présence sur les plateaux de cette chaîne est pour le moins troublante ?  Si elle est dans son droit de se sentir blessée par les accusations que Mezri Haddad aurait portées beaucoup plus d’ailleurs contre le Qatar qu’à son encontre, il n’en demeure pas moins que c’est-elle-même qui nourrit ces accusations et les étaye, en cautionnant de par son engagement professionnel -à moins qu’il ne soit idéologique- la promotion et la diffusion au sein du monde arabe des valeurs qui ne laissent subsister aucun doute quant au sens de la morale universelle et humaniste de cette chaîne.  

Pourquoi n’a-t-elle jamais condamné les prêches haineux et nauséabonds de Qaradhaoui, et pourquoi s’indigne-t-elle pour les paroles prononcées par Mezri Haddad ?

Réalise t-elle au moins que c’est-elle-même qui sème le trouble dans les esprits en associant son nom à cette chaîne de formatage idéologique des masses arabes sous l’impulsion de Qaradhaoui, le chef « spirituel » du Qatar et le guide idéologique d’Al-Jazeera ?

Tout laisse à penser que son indignation est à géométrie variable. Autant, il est de son droit de saisir la justice de la République -pourtant tant honnie par le maître d’œuvre idéologique d’Al- Jazeera, qui, si cela ne tenait qu’à lui, aurait appliqué la charia ainsi que sa panoplie de châtiments corporels à l’encontre de Mezri Haddad-, autant je suis surpris que cette journaliste, en tant que femme, soit plus soucieuse de son image écornée par le pourfendeur de l’hérésie islamiste, que par le torrent de boue empestant le sexisme et les horreurs antiféministes déversées par son maître à pensée, Youssef Qaradhaoui ?

Se reconnaît-elle dans cette fatwa de ce dernier proclamant la disposition servile et utilitaire de la femme en matière de sexe: « L’homme, en matière sexuelle, est le requérant et la femme la requise. Celle-ci est tenue de répondre aux désirs sexuels de son mari. Un récit de Mahomet dit: « Si un homme demande à sa femme de répondre à ses besoins sexuels, celle-ci doit l’exaucer même si elle se trouve sur un four brûlant ».

La femme est mise en garde de refuser sa demande sans raison valable parce que cela risque de pousser le mari à avoir un comportement anormal.

A moins qu’Al-Jazeera, voire les autorités qataries elles-mêmes soient derrière cette plainte, s’il y a un  procès qu’elle devrait intenter, ce n’est pas celui qui s’annonce dans les tribunaux de Paris contre Mezri Haddad, mais celui qu’elle devrait intenter à elle-même : son propre examen de conscience.

Quant à Mezri Haddad, quelle qu’en soit l’issue de ce procès, il a le soutien de ses compatriotes, celui des musulmans qui ont une autre conception et pratique de leur religion et celui de la communauté juive qui n’a pas oublié qu’en 1939-1945, les musulmans en France et en Tunisie ne les ont pas livrés aux SS Allemands, mais les ont au contraire protégés, au prix de leur vie.

Salem Ben Ammar,

docteur en anthropologie et juriste

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