« Gérer le risque, c’est vivre dans l’éventualité qu’un évènement futur provoque un préjudice » Ben Hunt. L’art de la gestion des risques. Les Echos 2005
Les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus sensibilisées à la gestion des risques. Celle-ci prend une plus grande importance dans le processus de décision. De ce fait, les dirigeants d’entreprises qui doivent s’engager dans une direction donnée disposent, en raison de l’irrésistible ascension de la gestion des risques, de marges de manœuvre de plus en plus restreintes.
Déjà, vers le milieu des années 90, les administrateurs des grandes multinationales ont été mis dans l’obligation de rendre compte des actions qu’ils avaient entreprises afin de réduire les risques préalablement identifiés. Ils ont d’ailleurs, pour la première fois, pris un engagement ferme à gérer les risques menaçant la pérennité des sociétés qu’ils dirigeaient.
Bien que le terme remonte à 1956 lorsqu’il fut mentionné aux Etats-Unis dans un article de la Harvard Business sous le vocale « Risk Management », la gestion du risque a pris de nos jours une ampleur grandissante.
Au cours des années 70, la notion de la gestion des risques n’était pas usitée. Elle semblait être l’apanage de quelques champs d’activité tel que l’exploration pétrolière ou la conquête de l’espace.
Dans les années 80, l’attention s’est portée plutôt sur les risques politiques. Le syndrome de la révolution iranienne, qui aurait fait perdre un milliard de dollars d’actifs aux entreprises étrangères, constitua un épouvantail qui rappelait la nationalisation du canal da Suez en 1956 ainsi que la réappropriation en 1970 par l’Algérie et l’Irak de leurs richesses pétrolières.
Après la chute du mur de Berlin en 1989, plusieurs entreprises, croyant candidement que tous les conflits allaient s’éteindre, se pressaient de supprimer leurs services consacrés aux risques politiques, claironnant ainsi la fin de l’histoire.
Celle-ci se rebiffait à travers la crise des pays émergents, au Mexique et en Asie en 1977, la crise russe en 1998 sans oublier les retombées des conflits armés au Kosovo et en Irak ainsi que les guerres civiles qui sévissent encore en Afrique.
Ainsi, une évolution est bel et bien intervenue au cours de la dernière décade du siècle précédent.
Les dirigeants des entreprises sont désormais mûrs par la volonté de minimiser les préjudices provoqués par un risque extérieur.
Ils entendent être mieux informés sur le risque avant de prendre leurs décisions les plus engageantes.
A cette évolution dans les motivations, des changements institutionnels ont fait écho.
Des services de gestion des risques ont été créés. En 1996, une multinationale opérant sur le marché de grande consommation a créé un groupe de travail sur le risque. Un autre consortium européen de télécommunication a constitué en 1998 un service « Risque et Assurance ». De tels exemples sont légion.
L’étendue du risque que les entreprises jugent utile de gérer s’est accrue. A telle enseigne que la notion du risque se confond aujourd’hui avec celle d’activité.
En effet, de nos jours, pratiquement toutes les tâches et tous les processus opérationnels sont envisagés à travers le prisme de risque.
Dans cette même optique, et face aux évolutions touchant les différents environnements externes à l’entreprise, voire même étrangers aux pays dans lesquels celle-ci exerce son activité, une notion, qui déjà évoquée dans les années 70 par des économistes américains, s’est remise en relief : la notion du risque pays.
Ce concept, influencé par les mutations internationales, fait l’objet de nos jours d’une actualité jugée de grande importance méritant l’accentuation de recherches et ce afin de dévoiler ses principaux aspects macroéconomiques et microéconomiques …à suivre
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