Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a exprimé, dans un communiqué publié vendredi 7 août 2026, sa vive inquiétude face à la recrudescence des pratiques consistant à reprendre des publications, déclarations ou productions journalistiques en les sortant de leur contexte pour servir des objectifs politiques, idéologiques ou personnels.
Le syndicat indique suivre avec préoccupation ce phénomène qui touche plusieurs journalistes, dont les contenus sont régulièrement relayés par des pages sur les réseaux sociaux, y compris par des plateformes se présentant comme des médias sans disposer de ce statut ni respecter les règles fondamentales de la déontologie journalistique.
Selon le SNJT, ces agissements dépassent le simple partage d’informations. Ils relèvent d’une instrumentalisation visant à déformer les propos des journalistes et à leur attribuer des positions ou des affiliations politiques qui ne reflètent ni leurs convictions ni leur mission professionnelle.
L’organisation rappelle que la diffusion des contenus journalistiques sur les plateformes numériques constitue un prolongement naturel du travail de la presse. Toutefois, elle souligne que cette circulation ne doit pas être utilisée comme un outil de pression, de ciblage ou d’atteinte à l’indépendance des journalistes.
Le SNJT dénonce notamment l’utilisation d’extraits partiels de publications ou de déclarations, présentés hors de leur contexte d’origine afin de servir certains agendas ou de susciter des réactions hostiles à l’encontre de leurs auteurs.
Le communiqué évoque plusieurs cas enregistrés en juillet et au début du mois d’août, concernant notamment les journalistes Monia Arfaoui (Dar Assabah), Jihene Alouane (Radio tunisienne), Mourad Allala et Haythem El Mekki, ainsi que d’autres professionnels.
Pour le syndicat, l’exploitation répétée des contenus journalistiques, en particulier lorsqu’elle émane de pages anonymes ou usurpant une identité médiatique, constitue une dérive préoccupante. De telles pratiques contribuent à altérer l’image des journalistes auprès du public, à les entraîner dans des polémiques ou des clivages qu’ils n’ont pas choisis et à les exposer à des campagnes de dénigrement, d’incitation ou de pression.
Le SNJT estime également que ces attaques risquent de compromettre la capacité des journalistes à exercer leur métier librement et dans des conditions garantissant leur indépendance.
Tout en rappelant que la liberté d’expression et de publication dans l’espace numérique doit être préservée, le syndicat insiste sur le fait qu’elle ne peut justifier des pratiques portant atteinte aux droits, à la dignité et à l’indépendance professionnelle des journalistes.
Le SNJT appelle ainsi les différents acteurs du numérique à respecter les principes éthiques de publication et à s’abstenir de toute réutilisation trompeuse ou décontextualisée des contenus journalistiques.
Il exhorte également les autorités compétentes à lutter contre l’usurpation de la qualité de média ainsi que contre les pratiques portant atteinte aux journalistes et susceptibles d’affaiblir la confiance du public dans les médias professionnels.
Enfin, le syndicat réaffirme son engagement à défendre le droit des journalistes tunisiens à exercer leur profession en toute liberté et indépendance, dans un environnement sûr, à l’abri des campagnes de diffamation, des pressions et des tentatives d’intimidation.

