Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a réclamé samedi la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, placé en garde à vue après avoir été interpellé vendredi soir devant le siège d’une radio privée, où il devait participer à une émission consacrée aux politiques de l’eau en Tunisie.
Selon le syndicat, qui dit avoir recueilli des informations auprès de l’équipe juridique du journaliste, une enquête judiciaire a été ouverte sur la base de publications sur Facebook. Mohamed Yousfi aurait notamment été interrogé sur son activité journalistique et sur la ligne éditoriale du site Al Qatiba.
Le SNJT relève que cette arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation visant le journaliste sur les réseaux sociaux. Il estime que de telles campagnes ne peuvent constituer un fondement pour engager des poursuites contre des journalistes et appelle au respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable.
Le syndicat considère également que l’arrestation de Mohamed Yousfi est liée à son activité journalistique indépendante, à ses interventions médiatiques et à ses critiques du pouvoir en place.
Il dénonce, plus largement, une multiplication des poursuites et arrestations visant des journalistes en raison de leurs travaux et prises de position professionnelles, estimant que les pressions exercées sur la presse tendent à devenir un phénomène récurrent.
Le SNJT demande ainsi l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de l’arrestation de Mohamed Yousfi, notamment pour déterminer l’existence éventuelle d’un lien entre les campagnes de dénigrement dont il a fait l’objet et les poursuites engagées contre lui.
Réaffirmant que « la presse n’est pas un crime » et que l’exercice de la liberté d’expression ne saurait être criminalisé, le syndicat affirme qu’il continuera à suivre cette affaire par les voies juridiques et syndicales disponibles.

