
La situation de blocage politique que traverse la Tunisie tombe au plus mal comme ne cessent de le marteler le Ministre des Finances Elyes Fakhfakh et le Gouverneur de la Banque Centrale Chedly Ayari: « La Tunisie est dans une situation difficile avec une économie en berne, une inflation galopante et un chômage en augmentation. Le salut est tributaire d’un hypothétique déblocage de l’impasse politique et toutes les parties, Troika, opposition et organisations nationale doivent en tenir compte. »
Loin de toute considération idéologique et nonobstant les répercussions et les conséquences partisanes et électoralistes, toutes les parties sont acculées à s’entendre et à accepter le dialogue fût-il au prix de concessions douloureuses. L’histoire reconnaîtra ceux qui ont consenti au dialogue et qui ont tendu la main à leurs adversaires et ceux qui campent sur leurs positions et qui obéissent aux diktats de leurs bases inconscientes du désastre qui nous guette.
C’est sans surprise que les discussions entre acteurs politiques ont tourné au vinaigre et ont connu un échec cuisant. L’intransigeance d’imposer unilatéralement un calendrier du quartet et l’ambiguïté et les menaces d’Ennahda anéanti tous efforts de rapprochement de points de vues et n’ont fait qu’accentuer l’autisme des différentes parties.
Sous couvert de légitimité pour les uns et de salut national pour les autres, les différents auteurs de ce blocage enfoncent encore plus le pays dans une crise irréversible et leur entêtement est une honte et une trahison envers le peuple et la patrie.
Autant la posture de l’opposition en minorité de blocage est l’expression d’une nouvelle dictature, autant la stratégie de la troika de recourir au verdict de la rue est un chantage sécuritaire et un abus de légitimité.
L’hypocrisie, la duplicité, le narcissisme, la mauvaise foi, le manque de patriotisme et l’absence de volonté politique sont les principaux modes de fonctionnement de ceux qui gouvernent actuellement et de ceux qui veulent gouverner demain.
Les discours sont emprunts de brutalité , de dénigrement, d’intolérance , de séparatisme et de chantage sécuritaire. Alors même qu’il a été convenu au lendemain de l’assassinat de Mohamed Brahmi que toutes les parties allaient converger vers un consensus national, les considérations partisanes, le nombrilisme idéologique et les calculs politiciens ont eu raison de l’intérêt du peuple et du salut de la Patrie.
Contenir la situation sécuritaire de plus en plus difficile à gérer, maitriser l’inflation et la cherté de la vie, redorer l’image du pays écorché depuis quelque temps, remettre la machine économique en marche, rassurer le monde des affaires et de la finance, pacifier le climat social, rassurer les Tunisiens, garantir la dignité des citoyens quels que soient leurs idéologies, combattre l’extrémisme dans toutes ses formes, endiguer le chômage qui galope et baliser pour une transition démocratique viable, durable et exemplaire, tels sont les orientations et les dossiers majeures qui incomberont au nouveau gouvernement, indépendamment de sa couleur et de ses références idéologiques et intellectuelles.
Jalel JEDDI
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