
Hatem Karoui récidive et nous gratifiera au début de l’année 2013 d’une nouvelle fiction historique sous forme de roman rédigé en langue française qu’il vient juste de terminer : « L’émissaire barbaresque au Nouveau Monde ».
Hatem Karoui est actuellement en contact avec un éditeur français pour le faire publier en France avec une perspective de le faire traduire ne anglais et le faire distribuer aux Etats Unis d’Amérique et pourquoi pas en tirer un scénario pour une œuvre filmique.
Voici ci-après une synthèse du contenu du roman:
Le samedi 30 novembre 1805 qui correspond au 8 Ramadan 1220 du calendrier hégirien, le Cheikh Slimane Mellamelli accompagné d’une délégation tunisienne allait séjourner aux Etats Unis pendant six mois, en tant qu’émissaire du monarque tunisien Hammouda Pacha. Il débarque à cette date du navire « USS Congrès » accompagné par le Capitaine Stephen Decatur au port d’Hampton Roads dans l’Est des Etats Unis et s’apprête à rencontrer le Président Thomas Jefferson pour essayer d’aplanir un litige tuniso-américain délicat, à savoir la saisie par l’US Navy au large du port de Tripoli de navires tunisiens dans le cadre d’un blocus américain du territoire libyen alors que la Régence de Tunis était théoriquement en paix avec les Etats Unis d’Amérique.
Le blocus était motivé autant par les attaques intempestives en Méditerranée de navires commerciaux américains par les corsaires des pays du Maghreb appelés alors « pays barbaresques » dont la Tripolitaine; que par les exigences inconsidérées et exagérées de tributs financiers « de protection » formulées par le souverain libyen le Dey Youssef Karamanli.
La saisie des navires tunisiens risque de provoquer une guerre entre la régence et l’Amérique, alors que le commerce maritime Américain était devenu de plus en plus florissant dans le monde après la disparition des liens avec l’ancien protecteur anglais et l’obtention de l’indépendance.
Cependant cette indépendance était une lame à double tranchant puisque la flotte de sa Majesté britannique n’assurait plus la protection des navires commerciaux américains en Méditerranée, qui continuaient à partir du détroit de Gibraltar jusqu’à l’embouchure du détroit de Sicile qu’ils traversaient, un point de passage stratégique et obligatoire pour le fret américain autant qu’il l’est pour les lieux saints.
Les Etats Uns se trouvaient alors devant un dilemme et la conclusion d’accords de paix avec les pays barbaresques était pour eux plus que nécessaire. Des accords avaient déjà été signés en ce sens avec les Marocains et les Algériens, et un autre accord récent avec les Libyens le 5 juin 1805 dernier après la crise sérieuse des relations bilatérales manifestée par le blocus…Et voici que la paix avec Hammouda Pacha de Tunis était de nouveau remise en cause!
Le roman « L’émissaire barbaresque au Nouveau Monde » est une occasion pour Hatem Karoui qui en est à sa cinquième fiction à connotation historique de présenter de manière originale un état des lieux du partenariat tuniso-américain de l’époque.
Terriblement actuel, après l’attaque de l’ambassade américaine à Tunis par les Salafistes et les tentatives des Wahhabites de déstabiliser la Tunisie, le thème choisi permet de ravaler les murs de l’histoire et remonter aux origines du dialogue entre un pays alors nouvellement indépendant extrêmement ambitieux au plan économique que la Tunisie musulmane avait été parmi les premiers pays à reconnaître mais de culture et de mentalité anglo-saxonne à dominante judéo-chrétienne.
Bien que la constitution qu’elle venait à peine de promulguer était d’essence laïque, et un pays maghrébin « barbaresque » de culture islamique, encore rattaché -mais avec souplesse- à l’empire ottoman, avec tous les possibles malentendus culturels et historiques que ces différences peuvent générer.
Tous les ingrédients de ces disparités culturelles sont réunis et passés en revue dans le roman: Esclavage, racisme, condition des femmes, régimes culinaires et vestimentaires, spécificités religieuses divergentes et communes…
Quelques intrigues parsèment ce roman pour lui donner plus de piquant et permettent de mieux situer les enjeux en présence…