Les cours du gaz et du pétrole s'envolent au 4ème jour de la guerre contre l'Iran

 Les cours du gaz et du pétrole s'envolent au 4ème jour de la guerre contre l'Iran

 

Les prix de l'énergie continuent de grimper, mardi 3 mars, du fait de la guerre au Moyen-Orient. Les cours du gaz et du pétrole s'envolent au quatrième jour de la guerre lancée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran. Elle complique la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et inquiète pour la sécurité des sites énergétiques de pays du Golfe, dont certains ont déjà été touchés par les représailles iraniennes.

Mardi, le baril de pétrole Brent a dépassé 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024, et le gaz européen s'est brièvement affiché à plus de 65 euros le mégawattheure, un niveau plus vu depuis janvier 2023. Donald Trump avait averti lundi que la guerre contre l'Iran pourrait durer un mois, voire plus, et les acteurs du marché "commencent à prendre conscience que le risque d'une escalade prolongée dans la région est très élevé", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

"La question est de savoir si nous allons revivre le scénario de 2022", au début de l'invasion russe de l'Ukraine, "où la flambée des prix de l'énergie avait déclenché une vague d'inflation massive, qui avait durement frappé l'économie mondiale", résume Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Les prix actuels restent cependant loin des sommets atteints à l'époque : le gaz avait ponctuellement dépassé 300 euros par mégawattheure, pour un record absolu de 345 euros, et le baril de brut s'était installé pendant plusieurs mois au-delà des 100 dollars.

A court terme, les réserves permettent de répondre au blocage de ce passage stratégique, mais "un risque plus important pour le marché serait que l'Iran vise d'autres infrastructures énergétiques dans la région", ce qui "pourrait entraîner des interruptions" de production, expliquent les analystes d'ING.

La compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a déjà suspendu lundi sa production de gaz à la suite d'une attaque de drones iraniens contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement. Des installations pétrolières ont également été touchées par des drones mardi à Oman et aux Emirats arabes unis.

L'Asie est particulièrement exposée : la Chine et l'Inde, deux géants de l'importation d'énergie, dépendent fortement des hydrocarbures du Golfe.

L'Europe, quant à elle, possède des sources d'approvisionnement plus variées sur le pétrole, mais le gel du trafic dans le détroit d'Ormuz "intensifiera la concurrence mondiale pour les flux de GNL restants", faisant grimper les prix, affirme Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit.

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