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Les égos de Chebbi et de Ben Jaâfer menacent l’Alliance des modernistes !

8 mars 2014
in Divers
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Depuis la révolution, la scène politique tunisienne a connu bien des changements. Le premier du genre était visible à l’occasion des élections du 23 octobre 2011 avec l’avènement de la coalition de la troïka, alors que tout laissait présager une percée du PDP d’Ahmed Nejib Chebbi, parmi les plus farouches opposants à la dictature de Ben Ali.

Par la suite, c’est l’éclosion d’un nouveau parti, à savoir Nidaa Tounes, un mix de nationalistes, de laïcs de démocrates, de modérés mais aussi d’ex-RCDistes. Un parti qui a su amasser les foules selon les nombreux sondages publiés à l’occasion.

Dès lors la bipolarité se fait sentir sur la scène politique tunisienne entre ce parti récent et Ennahdha, et les Tunisiens ainsi que les politiciens ont tendances à en être las face à cette situation car la société tunisienne est tellement variée et sous forme de mosaïque que deux partis ne peuvent en aucun cas représenter tout le peuple.

Les politiciens des autres partis l’ont bien compris et comptent dans ce sens répondre sur le terrain pour mettre un terme à cette bipolarisation politique et souhaitent par la même gagner la confiance du tunisien afin de garantir, selon eux, l’intérêt de la patrie…

Dans ce cadre il y a deux ou trois exemples à citer, le premier c’est le retour en force de la machine du RCD. En effet l’on remarque que d’anciennes figures de la dictature de Ben Ali ont refait surface tant sur le plan politique que d’autres. Il faut dire que Hamed Karoui, ancien Premier ministre, des années durant, sous le règne de Ben Ali est sur le devant de la scène avec des apparitions médiatiques répétées mais aussi avec une position qui grandit petit à petit dans l’échiquier politique, surtout qu’ils ont une très longue expérience dans le domaine.

Il y a aussi le phénomène Hachmi Hamdi qui a toujours su attirer par ses discours et positions populistes les Tunisiens, essentiellement des milieux ruraux et défavorisés…

Mais il y a surtout, tous les partis centristes, démocrates et modérés qui peuvent représenter une force véritable sur la scène politique s’ils s’allient . Il s’agit de l’Alliance Démocratique, d’Ettakatol, d’Al Joumhouri, de Afek Tounes, du Parti du Travail Tunisien et du Mouvement du Peuple. Tous ces partis se rejoignent quelques parts dans les idées et dans la vision de la Tunisie de demain.

D’ailleurs l’on sait que depuis un certain moment des pourparlers, sont engagés entre les structures décisionnelles de ces partis en vue de former une alliance ou une coalition à l’occasion des prochaines élections aussi bien législative, qui accoucheront d’un parlement, que présidentielles.

Et c’est justement là où se situe le problème, et pour cause… Comme partout dans le monde de la politique, il existe et existera toujours un problème d’égo. Lorsque l’on sait que Ahmed Nejib Chebbi et Mustapha Ben Jaâfer, pour ne citer que ces deux poids lourds, sont séduits par l’investiture de la Présidence de la République, problème, il y a. Car ces deux potentiels candidats en ont rêvés toute leurs vie et il semble très difficile qu’un accord ou qu’un terrain d’entente soit trouvés concernant cette problématique, qui sera, sas aucun doute inévitable.

En effet les différents observateurs ne voient pas comment l’une de ces deux personnalités pourrait faire des concessions et céder aux envies et autres aspirations de l’autre…

Certes le projet de ce pôle centriste est séduisant et laisse planer l’espoir pour une majorité de Tunisiens affamés de se faire représenter par une parti ou une alliance politique dans lequel ils pourront s’identifier, mais l’on craint que ce projet est dores et déjà voué à l’échec, tant l’envie de devenir le locataire de Carthage est pressante et pesante chez certains candidats.

Ceci sans prendre en considération l’existence d’autres candidats, aux ambitions démesurées, à l’instar de Yacine Brahim pour ne citer que cet exemple.

Toutefois, l’espoir fait vivre et on a bien le droit de rêver et de se dire que la raison l’emportera au final et que, grands politiciens qu’ils sont, ils arriveront bien à trouver une issue à cette problématique. Cependant il sera primordial de mettre sur la table des conversations tout ces points de discorde afin de donner la chance à ce futur projet de connaitre le jour et de vivre.

Slim Maâtoug

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