
Certains parlent de 120 morts, d’autres parlent de 600 morts, d’autres indiquent qu’ils sont au moins 2000 Egyptiens à avoir été massacrés par les forces de sécurité de leur pays.
L’évacuation musclée aujourd’hui des places Nahda et Rabaa Al Adawiya par la police et l’armée égyptienne a été particulièrement sanglante. Dans l’histoire de l’Egypte, jamais la violence contre les Frères musulmans n’a atteint un seuil aussi critique. Ceux qui souhaiteraient un scénario égyptien dans nos murs devraient se triturer les méninges et imaginer les pires conséquences que cela pourrait engendrer.
Des images diffusées en boucle sur des chaînes satellitaires montrent une véritable opération commando digne d’un film hollywoodien. Des blindés fonçant sur les sit-inneurs, des forces de police prenant d’assaut les place Nahda et Rabaa Al Adawiya, des bulldozers défonçant les barricades de briques et de sables érigées par les manifestants. Des images de morts et de blessés. Sans compter les centaines d’arrestations…Difficile de rester de marbre face à une telle boucherie.
Décidement, les forces de sécurité ont décidé ce matin de passer la vitesse supérieure et de mater la manifestation pro-Morsi. « Il ne s’agit pas d’une tentative de dispersion mais d’une sanglante tentative d’écraser toutes les voix opposées au coup d’Etat militaire » a écrit sur Twitter Gehad Ak Haddad, porte-parole de l’organisation des Frères Musulmans.
Comment la communauté internationale dans son ensemble peut-elle garder un silence aussi coupable alors que des manifestants, qui ne demandent rien d’autre que le rétablissement de la « légitimité », se font massacrer comme des lapins? Où est la oumma islamique dans tout ça?
Et dire que l’opposition tunisienne, sans même réfléchir aux conséquences, voudrait importer le même scénario quitte à marcher sur des cadavres.
Depuis les récents événements de Chaâmbi et l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi, la place du Bardo est devenue le théâtre d’une manifestation d’anti-nahdhaouis, prêts à tout pour faire voler en éclats les acquis de la révolution. Certains, par mimétisme, voudraient voir se produire ici le scénario égyptien.
La crise ne cesse de persister et parvient même à scinder la Tunisie en deux camps antagonistes: révolutionnaires et contre-révolutionnaires, islamistes et laïcs, conservateurs et progressistes. Tous affûtent leurs armes pour s’entre-déchirer, offrant ainsi au monde, un spectacle désolant de violence, un spectacle indigne d’un pays qui a été à l’origine du déclenchement du printemps arabe.
Aujourd’hui, le malaise social est palpable. L’économie est au ras des pâquerettes. Certains politiciens surexcités, au lieu de mettre l’intérêt national en avant, enflamment les nerfs des Tunisiens et les montent les uns contre les autres.
Depuis quelque temps, les concertations se multiplient entre les différentes parties (Ennahdha, UGTT, opposition) pour une issue heureuse de la crise. Des signes positifs et des concessions bienveillantes et salutaires commencent à éclore ça et là et tendent vers la formation d’un gouvernement d’union nationale.
La nécessité d’un dialogue national s’impose d’elle même, car un scénario à l’égyptienne risque de précipiter à jamais notre pays dans les abysses de la violence. Un moment que certains ennemis de la Tunisie, toujours aux aguets, pourraient saisir pour achever leur sale besogne.
El Haj Omar
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