
La Tunisie peut s’enorgueillir de fêter en fanfare et dans l’allégresse la date du 26 Janvier 2014. Un événement à inscrire en lettres d’or dans la mémoire collective tellement il y a plein d’émotion, de renseignements et de symboliques.
La classe politique a amarré à bon port et l’adoption de la nouvelle Constitution par 200 députés sur 219 réconforte le choix et le pari du consensus. Passée l’euphorie de la célébration de cet instant historique, le défilement de certaines images suscitent admiration et émoi.
La classe politique a été à la hauteur des attentes. L’hommage solennel rendu au père de la nation Bourguiba est un instant magique de réconciliation d’un peuple avec son histoire et les accolades des ennemis d’hier, Rahoui et Ellouze, témoignent que les divergences idéologiques n’affectent en rien le bon sens des uns et des autres.
L’intérêt national a eu raison des convictions idéologiques et même l’ultra conservateur Chourou a apposé son OUI sur un document qu’il a longtemps dénoncé. Il a balayé ses sermons de colère et de haine et a entendu les cris de cœur fredonnant le vœu et la vertu de tout un peuple : bien vivre ensemble dans notre ancrage spécifique et s’accepter malgré nos différences.
La noblesse de ces gestes devrait nous inspirer pour mieux vivre ensemble. La construction passe inéluctablement par la réconciliation dont dépendent la survie d’un peuple et la pérennité d’une nation. Le repli communautaire, le refus de l’autre et le déni identitaire sont les fléaux qui empoisonnent notre quotidien et les dernières déclarations des leaders de l’opposition Marzouk (Nidaa) Chebbi (Joumhouri) Hamdi (Alliance) sur la possibilité de
s’allier avec Ennahda sont significatives. La hache de guerre est enterrée pour arrêter le cours traumatique de cette crise qui risque d’affecter à jamais le tissu social.
La nouvelle Constitution est un moment de vérité pour réconcilier ces barons de la politique avec leur peuple et leur patrie. Il leur appartient désormais de baliser de manière sereine et pacifique les fondements d’une société dans laquelle les différences, les divergences, les critiques, les oppositions et les confrontations idéologiques sont une richesse.
Pour que notre jeune démocratie soit pérenne, l’exigence de pacifier les débats publics doit primer. Les différents acteurs de la scène politique doivent bannir les escalades et appréhender subtilement et respectueusement les adversaires de pensée. Ils doivent changer de langage et de posture car le mépris, la haine et la violence résident dans les mots qu’ils prononcent. Les élites politiques sont le miroir de la société et elles ont l’impérieuse responsabilité de montrer et de prouver au peuple qu’on peut vivre ensemble et cohabiter harmonieusement malgré nos différences.
La tunisianité n’est pas un simple mot mais un vrai miracle et le patriotisme n’est pas une simple posture mais un vrai comportement et il appartient à tout un peuple de capitaliser sur ce miracle et de parier sur cette dynamique pour conduire la destinée collective à bon port.
Jalel JEDDI
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