
Dans ce contexte d’angoisse, d’incertitude, de violence et de déchirement, les plus optimistes croient que la tension que nous vivons est naturelle et conjoncturelle car sous-jacente d’une bataille d’idées et de visions opposant des adversaires politiques.
Et les plus alarmistes pensent que la Tunisie post révolution traverse l’un des pires moments de son histoire car sur fond d’antagonisme idéologique, de projet sociétal et d’ambition dévorante de régner, certains Partis Politiques ,à défaut d’arguments et de débat d’idées, prônent la division, justifient la haine et légitiment la violence.
Pour asseoir leur autorité, intimider leurs adversaires politiques et opprimer toute opposition intellectuelle, ces Partis politiques n’hésitent pas à théoriser le recours à la violence en s’appuyant sur des groupuscules, qui sous le masque idéologique de gardiens des vertus et de dépositaires du nouvel ordre moral font commerce de barbarie et de terreur moyennant distribution d’argent liquide pour se remplir les poches et rétribution de titres glorifiant pour nourrir des égos en mal de reconnaissance.
Une nouvelle caste ou plutôt une bombe à retardement sans conviction et sans repères mais ingénieuse en piochant dans cette mine d’OR inépuisable : vendre sa force au plus offrant et exécuter les travaux de sale besogne que ces Partis d’apparence respectable n’osent pas faire publiquement. Une caste qui tient à garder jalousement ses intérêts et privilèges et prête à tout pour défendre ceux de ses bienfaiteurs quel qu’il soit.
Ainsi il est de plus en plus fréquent que cette caste fasse valoir l’argument de la force et de la violence pour intimider journalistes, artistes ,intellectuels et simples citoyens et la meilleure illustration est venue le 14 Janvier 2013 quand de gros bras, bien courageux , véritables étalons de la masculinité se sont attaqués à deux jeunes filles d’à peine 17 ans , sans défense et dont le seul tort est d’être du côté opposé .
Se substituant à l’ETAT et à l’appareil officiel pour protéger leurs acquis et ceux de leur Gourou, sévissant à visage découvert et en toute impunité, ces nouveaux seigneurs de la terreur, s’apparentent forts à une milice parallèle légitime tant elle est investie de pouvoirs constitutionnellement réservés à la Police officielle et font fi de tout respect des lois, des hommes, des codes et de la morale.
Une caste bien organisée et hiérarchisée qui constitue de l’avis de tous la bombe à retardement qui menace le pays et inquiété la population, non pas à cause de la violence qu’elle propage car facilement contrôlable par une volonté politique mais à cause de la cupidité et la rapacité de ses membres capables de toutes les sacrilèges pour sauvegarder leurs privilèges et prêts à se vendre au meilleur payeur fût-il ennemi de leurs frères et sœurs.
Jalel Jeddi
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