Une intervention urgente de la direction de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a permis de mettre fin au mouvement de protestation spontané des chauffeurs de camions-citernes chargés du transport des carburants et de débloquer progressivement la situation de l’approvisionnement des stations-service.
Dépêchés sur place, Selouane Smiri, secrétaire général adjoint de l’UGTT chargé du secteur, et Slim Shimi, secrétaire général de la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, se sont entretenus avec les chauffeurs grévistes, en présence de Khaled Bettine, président-directeur général d’Agil.
Les responsables syndicaux ont écouté les revendications des travailleurs, qualifiées de légitimes, et sont parvenus à un accord avec les protestataires. Il a notamment été convenu de formaliser leurs revendications à travers le dépôt d’un préavis de grève, conformément aux procédures en vigueur, et de mettre immédiatement fin au mouvement de protestation improvisé.
Cette intervention a ainsi permis de mettre un terme à la grève surprise et non encadrée qui avait fortement perturbé le transport des carburants et provoqué d’importantes difficultés d’approvisionnement dans plusieurs stations-service.
Retour progressif à la normale
Avec la reprise du travail des chauffeurs de camions-citernes, l’approvisionnement des points de vente de carburants devrait progressivement retrouver son rythme habituel. Les stations-service pourront ainsi être de nouveau approvisionnées et les automobilistes devraient, dans les prochaines heures, retrouver des conditions normales d’accès aux différents carburants.
Cette crise aura toutefois mis en évidence la grande vulnérabilité du système d’approvisionnement en carburants. Un mouvement de protestation limité à un secteur aussi stratégique que le transport des produits pétroliers peut rapidement provoquer des files d’attente interminables devant les stations, des perturbations dans les déplacements et une véritable paralysie d’une partie de l’activité économique.
Le citoyen, encore une fois au cœur de la crise
Au-delà du règlement de la situation, la question des responsabilités reste posée.
Cette grève surprise a en effet causé d’importants préjudices à des centaines de milliers de Tunisiens, contraints de patienter pendant de longues heures devant les stations-service, parfois sans garantie de pouvoir s’approvisionner. Les conséquences ont également touché les entreprises, les transporteurs, les services et, plus généralement, l’ensemble de l’activité économique.
Si les revendications des travailleurs sont légitimes, leur défense doit néanmoins s’inscrire dans le respect des procédures et du droit syndical, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un secteur aussi sensible que celui du transport des carburants.
D’où la nécessité, après le retour au calme, de déterminer les responsabilités et de faire toute la lumière sur les circonstances ayant conduit à cette grève sauvage, afin qu’une telle situation ne puisse se reproduire.
B.O

