Des hommes affiliés aux Gardes des installations pétrolières (GIP) en Libye ont fermé de force mardi trois champs pétroliers dans le sud-ouest du pays, a déploré la Compagnie nationale de pétrole (NOC), affirmant que si le blocage continue, elle pourrait déclarer l’état de force majeure.
« Des hommes affiliés aux GIP ont illégalement fermé la vanne du principal oléoduc acheminant le pétrole d’al-Hamada (environ 350 km au sud-ouest de Tripoli) à Zawiya (nord-ouest) mardi matin », a déploré la NOC dans un communiqué.
Ceci a entraîné « une hausse soudaine de la pression sur le champ d’al-Tahara (…), provoquant un arrêt complet de la production (…) sur les champs d’al-Hamada (NC8), d’al-Tahara (NC4) et de la station (NC5) », a-t-elle précisé.
Si la fermeture de la vanne continue, la NOC, qui n’a pas précisé les raisons de l’action des GIP, a indiqué qu’elle « serait contrainte de déclarer la force majeure », exhortant les autorités du pays à « assumer pleinement leurs responsabilités pour résoudre cette crise ».
Invoqué dans des circonstances exceptionnelles, l’état de « force majeure » permet une exonération de la responsabilité de la NOC en cas de non-respect des contrats de livraison de pétrole.
Les champs pétroliers situés dans le sud-ouest de la Libye alimentent les terminaux et la raffinerie de Zawiya, au nord du pays.
Les GIP, un groupe rassemblant des militaires et des civils, sont chargés de la protection des installations pétrolières du pays. Ils sont souvent à l’origine de fermetures et blocus pour des revendications sociales et salariales.
La Libye détient les plus importantes réserves prouvées de pétrole de tout le continent africain dont le volume est estimé à 48,4 milliards de barils En juillet 2026, la Compagnie nationale de pétrole (NOC) a d’ailleurs découvert un nouveau gisement baptisé « Eassar », ajoutant environ 195 millions de barils à ces réserves.
Juste avant les récents blocages imposés par les Gardes des installations pétrolières (GIP), la production libyenne oscillait entre 1,4 et 1,5 million de barils par jour (bj). Ce niveau marquait un pic historique inédit depuis plus de dix ans, fruit des efforts de relance et de stabilisation de l’infrastructure nationale. L’objectif affiché par le gouvernement unifié et la NOC était même d’atteindre 1,6 million bj d’ici la fin de l’année 2026, et de viser les 2 millions bj d’ici 2030

