
Après les assassinats crapuleux qui ont coûté la vie aux leaders de la gauche tunisienne Chokri Belaid et Mohamed Brahmi et les vagues d’attentats terroristes, meurtriers et abominables qui ont fait de nombreuses victimes parmi nos valeureux soldats et policiers, l’heure est à l’autocritique pour toute notre classe politique.
Acculés à réussir la transition démocratique et à éviter le chaos, tous les acteurs politiques doivent réviser leurs positions, privilégier l’intérêt national, se débarrasser de leurs égos, pacifier le débat public, bannir et condamner la violence dans toutes ses formes et accepter la main tendue et la médiation salvatrice de l’UGTT, ultime recours pour sauver le pays d’un scénario catastrophe.
La transition démocratique est à jamais entachée par le sang de Chokri, le baroudeur de la parole tombé sous les balles de la lâcheté, de Brahmi, la voix de la concordance victime de la barbarie, et de nos soldats et policiers, assassinés pour leur amour inconditionnel de la chère patrie au nom de l’extrémisme et de l’obscurantisme religieux.
Ces crimes odieux et ces horreurs inqualifiables au nom de la religion ont affecté aussi bien les familles des victimes que la majorité des Tunisiens libres et répugnés par le wahhabisme sanguinaire. Ils sont sortis dans les rues en masse pour condamner cette barbarie et cette sauvagerie et dénoncer les discours virulents de certains politiciens qui empoisonnent la paix civile par des discours et des postures haineuses, séparatistes et violentes.
Aujourd’hui plus que jamais, toute la classe politique doit se montrer responsable, se débarrasser de ses démons destructeurs et accepter sans condition la main tendue de l’UGTT, porteuse de propositions salvatrices pour la nation et pour tous les partis politiques du pouvoir et de l’opposition.
Consciente de la gravité de la crise et du fossé idéologique qui sépare les différents protagonistes porteurs d’idéaux conservateurs et partisans pour les uns, de valeurs progressistes, collectives et unionistes pour les autres et de renouveau révolutionnaire pour les derniers, la centrale syndicale joue l’équilibriste en essayant de les converger vers une solution concordante sans vainqueur ni vaincu.
Cette main tendue de l’UGTT est l’ultime chance pour rapprocher les points de vues et baliser les fondements d’une sortie de crise car l’heure n’est plus aux calculs politiciens et aux considérations électoralistes mais à la concordance , à l’unisson et au don de soi pour assurer cette transition démocratique, sauver le pays, rassurer le peuple et démontrer que la nouvelle élite politique et les acteurs de la société civile sont plus préoccupés à écrire la légende de cette patrie chérie qu’à écrire leurs propres légendes.
Jalel JEDDI
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