Mais de quoi se mêle-t-il ?!

Mais de quoi se mêle-t-il ?!

 

Un discours dithyrambique c'est bien le cas. Une ingérence dans les affaires d'un Etat indépendant, si ce n'est pas le cas, ça y ressemble en tout cas. Lors de l'ouverture du 17 ème sommet de la francophonie à Erevan en Arménie, le président français Emmanuel Macron a dressé des lauriers au président Essebsi, et quels lauriers !

Le président Macron aurait pu saluer la Tunisie, vanter ses réformes et s'arrêter sur son apport important en tant que pays fondateur de l’Organisation internationale de la Francophonie. Apport qui a fortement contribué aux succès enregistrés par cette institution, notamment dans la consécration des principes de la coexistence pacifique et de la coopération entre les pays ayant le français en partage.

Seulement voilà, le président français s'est bien trop étalé, allant dans ses élucubrations jusqu'à attaquer une partie des Tunisiens en les traitant d’obscurantistes et de rétrogrades.  

"Je veux ici souligner le courage du président Essebsi, qui, alors que nous vivions la montée des obscurantismes et de celles et ceux qui voudraient enfermer tout un continent dans une lecture déformée d’une religion, il s’est dressé et avec courage, et a pris encore ces dernières semaines, des textes fondamentaux pour le droit d’être libre, les droits des femmes, le droit dans le mariage, le droit dans l’héritage… Alors que tous les autres avaient peur, alors que les obscurantistes disaient de ne pas le faire, le président Essebsi l’a fait et nous devons le soutenir dans ce combat. Nous serons là, Président. Ne cédez rien, ne cédez rien dans ce combat… "

Nul besoin d'être un foudre d'intelligence pour comprendre que le président Macron, par ses paroles, vise le contenu du rapport de la Colibe. Ce rapport de la discorde qui suscite polémiques et réactions opposées entre ceux qui approuvent son contenu et ceux qui le désavouent. Des oppositions qui ont toujours clivé la société tunisienne entre « modernistes » héritiers du Code du statut personnel de Bourguiba et les défenseurs de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie en s’appuyant sur les textes coraniques.

Pour des questions aussi sérieuses touchant à l'identité arabo-musulmane de la Tunisie, il serait maladroit et inapproprié pour un pays tiers, en l'occurrence la France, de se prononcer sur des questions qui concernent les affaires intérieures d'un Etat indépendant.

Depuis l’indépendance de nos pays africains, de nombreuses voix ont commencé à s’élever pour critiquer les relations entre l’Afrique et l’Occident. Et à déplorer l’ingérence occidentale sur ce continent depuis des décennies. Et qui n'est pas près de s'arrêter.

Ce qui est encore plus paradoxal dans les rapports de l'Occident avec l'Afrique, c'est qu'en général, les pays occidentaux ne s'ingèrent dans les affaires africaines que quand leurs intérêts sont en jeu. Alors qu'ils sont indifférents quand les pays sont trop pauvres pour les intéresser. 

O.D.

 

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