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Maladie rare du foie: Des chercheurs tunisiens identifient une nouvelle variante

11 août 2026
in Actualités
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Maladie rare du foie: Des chercheurs tunisiens identifient une nouvelle variante
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Une équipe de l’hôpital La Rabta et de l’Université Tunis El Manar, en collaboration avec des spécialistes espagnols et français, publie la première série tunisienne consacrée aux déficits primaires de synthèse des acides biliaires.

Ces maladies génétiques rares peuvent provoquer des atteintes hépatiques sévères chez l’enfant. Parmi les six garçons suivis entre 2013 et 2024, trois ont obtenu une rémission complète grâce à un traitement par acide cholique, tandis que trois autres sont décédés d’une insuffisance hépatique avant que le traitement puisse être instauré.

L’étude, acceptée le 10 août 2026 par la revue scientifique Frontiers in Pediatrics, est signée, côté tunisien, par Mouna Zribi, Safa Khatrouch, Hela Boudabous, Sana Ben Messaoud, Amel Ben Chehida et Mohamed Slim Abdelmoula, de l’Université Tunis El Manar et de l’hôpital La Rabta. Elle associe également Loreto Hierro Llanillo, de l’hôpital La Paz de Madrid, ainsi que Sophie Laplanche et Anne Spraul, en France.

Six enfants suivis à La Rabta

Les déficits primaires de synthèse des acides biliaires sont des maladies héréditaires rares à transmission autosomique récessive. Ils résultent d’anomalies affectant la production des acides biliaires et peuvent entraîner des lésions hépatiques ainsi que des troubles de l’absorption des graisses et de certaines vitamines.

Les chercheurs ont analysé les dossiers de six garçons appartenant à trois familles non apparentées et suivis à l’hôpital La Rabta entre 2013 et 2024. L’âge d’apparition des premiers signes variait de la période néonatale à 8 ans. Le délai entre l’apparition des symptômes et l’établissement du diagnostic était, quant à lui, compris entre un mois et demi et cinq ans.

Les manifestations cliniques étaient variables. Trois enfants présentaient une cholestase, quatre souffraient de malabsorption et un autre présentait une atteinte hépatique sans cholestase. Plusieurs manifestations pouvaient être observées chez un même patient.

Une nouvelle variante du gène HSD3B7 identifiée

Sur les six patients, quatre présentaient un déficit associé au gène HSD3B7. Trois d’entre eux, qui étaient frères, étaient porteurs d’une nouvelle variante homozygote, c.748_760del. Chez un quatrième frère, aucune variante n’a pu être identifiée malgré des investigations génétiques approfondies.

Un autre patient était porteur d’une variante déjà connue du gène AKR1D1, c.242A>T.

L’identification de cette nouvelle variante constitue l’un des principaux apports de cette série tunisienne. Les auteurs soulignent également la grande variabilité des manifestations de la maladie, y compris entre des enfants d’une même famille.

Trois rémissions complètes grâce à l’acide cholique

L’un des principaux enseignements de l’étude concerne l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces.

Trois enfants ont été traités par acide cholique, à des doses comprises entre 6,2 et 13,4 mg/kg/jour. Les trois patients ont obtenu une rémission clinique et biologique complète, maintenue pendant cinq à six ans de suivi.

À l’inverse, les trois autres enfants sont décédés d’une insuffisance hépatique avant que le traitement puisse être mis en place.

Les chercheurs mettent ainsi en évidence le rôle déterminant d’une identification précoce de ces maladies rares. Un diagnostic tardif peut en effet laisser évoluer les lésions hépatiques jusqu’à un stade sévère, limitant les possibilités thérapeutiques.

Une série limitée, mais un signal important pour la Tunisie

Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. La série ne porte que sur six patients et ne permet donc ni d’estimer la fréquence de ces maladies en Tunisie ni de généraliser les résultats à l’ensemble des patients concernés.

Elle constitue néanmoins une première contribution tunisienne importante à la connaissance des déficits primaires de synthèse des acides biliaires et souligne l’intérêt du diagnostic génétique, du dépistage précoce et d’une prise en charge spécialisée des enfants présentant des signes évocateurs.

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