
Victorieuse dans la douleur de la Bélarusse Govortsova (7-6, 4-6, 7-5) après avoir sauvé deux balles de match, Marion Bartoli a réussi son entrée à Roland-Garros, hier. En puisant dans ses ressources et une force peut-être acquise dans la stabilisation de sa situation personnelle.
Cela est devenu une habitude pour vous de disputer des matches intenses avec des renversements de situation. Quel est votre sentiment après ce succès obtenu au courage ?
C’était une journée très longue, très difficile. Je devais attaquer le match à 11 heures, on l’a attaqué à 14 heures, je finis à 18 heures. L’interruption par la pluie m’a, je pense, plutôt désavantagée, j’avais vraiment pris je pense l’ascendant sur elle sur le plan physique. Cette pause lui a permis de reprendre un peu d’énergie.
Sur quoi le match a basculé ?
Franchement, elle jouait très bien. Elle n’a raté quasiment rien. Au retour, elle retournait très fort, très long. Même si j’avais perdu ce match, je n’aurais pas eu non plus beaucoup de regrets, j’ai fais mon maximum. Mais j’ai eu un petit coup de chance et je suis allée chercher les points quand il a fallu. À la fin, c’est moi qui ai gagné.
Comment avez-vous abordé les balles de matches ?
Je me suis dit que ce n’était pas des balles de matches, je les ai frappées pour faire le point gagnant.
Qu’avez-vous eu le temps de faire avec Thomas Drouet (*), votre sparring-partner depuis peu ?
On a fait des super entraînements et heureusement, si on n’avait pas fait ça j’aurais pris une bonne tôle. Aujourd’hui il m’a aidé, mon père aussi bien sûr, et tous ceux qui étaient dans le box. Ils m’ont envoyé des ondes positives, ils m’ont aidé pour rester en vie car c’était vraiment dur.
Existe-t-il un effet Roland-Garros ?
Je dirai plutôt un effet Paris. L’année dernière à l’Open GDF j’avais déjà fait des retours sur des matches compromis. Ici, j’en ai fait aussi, et il y a certainement le public qui m’aide.
Comment êtes-vous physiquement ? Car à Strasbourg, vous n’étiez pas au mieux.
Je m’étais tordu la cheville à Madrid, puis j’ai eu aussi des soucis au poignet et à la hanche. C’était très difficile dans les déplacements, sur le côté droit. J’ai eu 3, 4 jours pour m’entraîner avant d’arriver ici mais ça va. Je ne suis pas fatiguée après ce match, c’est bien.
Comment avez-vous vécu ces derniers mois avec ces changements d’entraîneurs ?
J’ai fait mes expériences, j’ai appris et je ne regrette rien. Il y a toujours des choses à apprendre, et il n’y a pas eu que du négatif dans ce que j’ai essayé. La situation aujourd’hui (elle a de nouveau son père comme entraîneur, ndlr) me convient très bien.
N’y a-t-il pas au contraire un risque de voir les effets d’une instabilité ?
Oui mais c’est du passé, je n’ai pas pris toutes ces expériences avec du négatif. Il y a eu des matches très difficiles que j’ai pu gagner et ça m’a aidé aujourd’hui pour renverser la vapeur. Je suis contente de l’avoir fait.
Propos recueillis par Badreddine Tnani
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