Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), affilié au Makhzen et fondé par un « camarade de classe » au Collège royal du Roi Mohamed VI, est arrivé en tête des élections législatives générales pour l’élection des membres de la Chambre des représentants, organisées, mercredi, en remportant 97 sièges selon les résultats provisoires, a annoncé, dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.
Le Rassemblement National des Indépendants (RNI) qui dirigeait le gouvernement sortant occupe la 2e place avec 66 sièges, suivi du Parti de l’Istiqlal (PI, 65 sièges), le parti du leader nationaliste Allal el-Fassi.
Pour sa part, le Parti de la Justice et du Développement (PJD, 54 sièges), parti islamiste laminé au précédent scrutin retrouve des couleurs avec 54 sièges.
Viennent ensuite, les partis traditionnels qui ont toujours occupé la scène politique marocaine : Le Mouvement Populaire (MP, 29 sièges), l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP, 26 sièges), le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS, 19 sièges), l’Union Constitutionnelle (UC, 17 sièges).
De petits partis se partagent le reste des sièges, à savoir le Mouvement Démocratique et Social (MDS, 8 sièges), l’Alliance de la Gauche (AG, 08 sièges), le Front des Forces Démocratiques (FFD, 02 Sièges), le Parti de l’Equité (PE 02 sièges), du Parti des Néo-Démocrates (PND, 01 siège) et le Parti de l’Unité et de la Démocratie (PUD, 01 siège), a-t-il précisé.
Le taux de participation qui a atteint 38,08% au niveau national est plus faible que le scrutin précédent qui avait été de l’ordre de 50%.
Selon la constitution marocaine, le premier parti en termes de siège sera appelé à former le gouvernement. Avec l’émiettement de la scène politique, puisque conformément au système électoral aucun parti n’est en mesure de gouverner seul, le parti PAM devrait former une coalition avec d’autres partis pour pouvoir rassembler la majorité de 198 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.
Selon les observateurs, la coalition sortante formée du RNI, PAM et Istiqlal devrait être reconduite avec un changement majeur, celui de la tête du gouvernement qui devrait revenir au PAM. Fatima Zahra El Mansouri, leader de ce parti et ministre sortante de l’Urbanisme, de l’Aménagement du territoire, de l’Habitat et de la Politique de la ville pourrait être appelée à diriger le gouvernement. Elle serait la première femme à diriger un gouvernement au Maroc.
Le Roi Mohamed VI garde néanmoins la haute main sur les rouages de l’Etat. Les ministères régaliens, défense, intérieur, affaires islamiques et affaires étrangères restent de son ressort exclusif. Le choix de la personnalité devant diriger le gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections est également sa responsabilité exclusive.

