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Message de Ban Ki-Moon à l’occasion du sommet des Nations Unies sur les réfugiés et les migrants

19 septembre 2016
in Communiqués
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A quelques jours du Sommet des Nations Unies sur les réfugiés et les migrants, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a estimé que cette réunion tombait à point nommé et il a appelé le monde entier à afficher sa solidarité et à ne pas attiser les peurs.
 
« De toutes les questions qui préoccupent à l’heure actuelle la communauté internationale, celle des réfugiés et des migrants est sans doute la plus propice aux manipulations des démagogues de tous bords », déclare Ban Ki-Moon dans un point de vue publié vendredi dans le quotidien américain « Boston Globe » et intitulé, « Ensemble, agissons pour les réfugiés et les migrants ».
 
Le Sommet est une grande première : jamais auparavant les dirigeants du monde entier ne s’étaient réunis pour examiner le sort des réfugiés et des migrants. Il débouchera sur l’adoption d’un consensus historique. L’enjeu est de taille. On dénombre à l’heure actuelle quelque 244 millions de migrants dans le monde. Plus de 65 millions de personnes sont déplacées de force, dont la moitié sont des enfants. Les réfugiés qui fuient pour sauver leur vie doivent trop souvent la risquer en chemin, et lorsqu’ils arrivent enfin en lieu sûr, beaucoup subissent des discriminations et sont parfois même placés en détention. Ils reprennent alors souvent la route en quête d’une sécurité et d’une stabilité qu’ils espèrent trouver plus loin. Mais les voies légales sont étroites, et des passeurs sans scrupules profitent de la détresse des migrants, demandant des sommes exorbitantes en échange du fol espoir d’un ailleurs plus accueillant.
 
Les guerres sont de plus en plus longues et pour les réfugiés, qui ont parfois passé plusieurs générations en exil, le retour est de plus en plus difficile. Contrairement à l’idée reçue, ce n’est pas dans les pays riches que se concentre l’essentiel des réfugiés : 86 % d’entre eux ont trouvé refuge dans des pays en développement. À cet égard, l’aide reçue par les pays d’accueil les plus pauvres est loin d’être suffisante. L’année passée, les appels humanitaires lancés par l’ONU n’ont permis de récolter qu’à peine plus de la moitié des fonds nécessaires.
 
Les solutions de réinstallation offertes aux déplacés sont elles aussi bien trop limitées. En 2015, on a dénombré près d’un million de personnes en attente de réinstallation. Seules un peu plus de 100 000 d’entre elles ont vu leur demande satisfaite.
 
Oui, les difficultés sont titanesques, mais nous aurions tort d’oublier le bon côté de la situation. Si les choses sont faites intelligemment, les réfugiés et les migrants peuvent devenir des atouts, pour leur pays adoptif comme pour leur patrie d’origine. C’est un fait avéré et un point positif qu’il ne faudra pas perdre de vue lors des débats.
 
 
Lors du Sommet, nous entendrons les témoignages de migrants et de réfugiés. Je me réjouis particulièrement à la perspective de revoir à cette occasion une jeune femme extraordinaire dont j’ai fait la connaissance le mois dernier, aux Jeux olympiques de Rio.
 
Yusra Mardini est syrienne, mais c’est en tant que réfugiée qu’elle a pris part à la compétition, dans l’équipe constituée il y a peu pour les athlètes qui, comme des millions d’autres personnes dans le monde, ont été contraints de quitter leur pays.
 
Avant de nager pour gagner des médailles, Yusra a nagé pour sauver des vies.
 
Elle a quitté la Syrie l’an dernier, à bord d’un bateau surchargé. Lorsque le moteur est tombé en panne, elle a plongé et, avec quelques autres bons nageurs du groupe, a poussé l’embarcation sur les flots de la Mer Égée. Il a fallu trois heures interminables pour rallier la côte. Les « moteurs humains » sont arrivés épuisés, mais ils ont prouvé que lorsqu’il s’agit de mettre son prochain en sécurité, la solidarité humaine est le meilleur des carburants.
 
Nous sommes tous, et je dis bien tous, sur le même bateau. En attisant les peurs, en accablant « les autres », en stigmatisant les minorités, nous allons droit au naufrage collectif.
 
Les dirigeants avisés l’ont compris,  nous devons au contraire nous efforcer de sauver tout le monde, de tirer le meilleur parti des efforts de chacun et de diriger notre navire vers une destination commune : un avenir de possibilités, pour tous, dans la dignité.
 
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