mardi, 18 août, 2026
Espacemanager
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR
No Result
View All Result
Espacemanager
No Result
View All Result

Mezri Haddad: « Sakhr El-Matri n’était qu’un leurre, comme Slim Chiboub… »

23 juin 2012
in Politique
A A
Share on FacebookShare on Twitter

alt

Après avoir édité sa « Lettre ouverte à Leila Ben Ali », Espacemanager a reçu une lettre de la part de M. Mezri HADDAD, ancien Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO, comportant des extraits de son livre « La face cachée de la révolution tunisienne », éd. Arabesques, Tunis, septembre 2011, pp. 162-167.

Nous publions cet extrait qui en éclairera sûrement plus d’un…

« Ben Ali n’avait certainement pas l’intention de lâcher le pouvoir avant sa disparition naturelle ; comme tous les chefs d’Etat arabes, il s’inquiétait beaucoup plus de la vie après le pouvoir que de la vie après la mort. Cette décision stupide d’appeler, dès 2010, Ben Ali à se représenter en 2014, avait pour objectif de faire taire cette rumeur insensée selon laquelle son épouse prendrait sa succession. Mais, était-ce seulement une rumeur ?

Bien au contraire. J’avais la certitude que telle était l’intention réelle de Ben Ali et de ses proches collaborateurs au palais, à savoir Abdelwahab Abdallah et Abdellaziz Ben Dhia. Le jeune Sakhr el-Matri n’était qu’un leurre, comme Slim Chiboub et Hédi Jilani l’étaient avant lui. Leila savait pertinemment qu’après Ben Ali, son gendre, Sakr el-Matri, n’était pas la meilleure garantie pour elle et pour sa famille. Une fois au pouvoir, Sakr el-Matri pourrait, en effet, divorcer de Nesrine Ben Ali, comme l’avait d’ailleurs fait Ben Ali en divorçant de Naïma Kéfi pour épouser précisément Leila Trabelsi. La seule personne qui pourrait assurer la pérennité, la prospérité et l’impunité de l’oligarchie des Trabelsi, c’était Leila elle-même. Après tout, Caligula a bien eu la tentation d’élever son cheval au rang de consul, et le dictateur bolivien Melgarero a bien fini par nommer général son propre cheval. Pourquoi pas donc une nouvelle reine Didon en Tunisie, après la disparition physique ou politique de Ben Ali ? Le complot, le véritable complot contre la Tunisie était là. Le savoir, en être convaincu et laisser faire, aurait été une haute trahison. Sans la moindre hésitation, sans réfléchir aux conséquences de ma « déloyauté » à l’égard de Ben Ali, j’ai fait le choix du contre-complot : tout faire pour barrer la route à Leila Ben Ali. Tous les amis tunisiens ou français dont je ne craignais pas la délation, connaissaient mon aversion pour les Trabelsi.

(…) Pour moi, à mon niveau politique bien modeste, tous les moyens étaient bons pour saborder l’ascension fulgurante de Leila Ben Ali au pouvoir suprême et déjouer le plan de ses valets qui voulaient la faire reine. Comme tout le monde, je ne devais montrer aucune animosité à l’égard de cette femme dont le pouvoir était déjà immense et redoutable. Bien au contraire, tirant des leçons du passé, je devais faire preuve de prudence politique, de Taquiyya, comme dirait le célèbre blogueur tunisien, Sami Ben Gharbia.

Combien de ministres,  de hauts responsables dans les administrations et les grandes entreprises, ou d’hommes d’affaire ont été écartés ou même écrasés sur ordre de madame, parce qu’elle a vu en eux des ennemis potentiels ? Les cas les plus célèbres sont Mohamed Jegham et Kamel Letaïef, le puissant homme d’affaire qui a fait Ben Ali (novembre 1987) pour ensuite contribuer à sa défaite (janvier 2011). Etre dans le système et agir contre ceux qui voulaient faire de Leila une nouvelle reine Didon, était une mission très délicate et d’autant plus périlleuse que je ne m’étais placé sous la protection d’aucun clan anti-Trabelsi, que ce soit celui de Kamel Letaïef ou celui de Slim Chiboub, l’ami de Khémaïes Chammari, pour ne citer que ces deux exemples. Pourtant, dès ma nomination à l’UNESCO, j’ai mené cette action à un triple niveau.

D’abord en expliquant aux quelques amis opposants, de différentes sensibilités idéologiques, avec lesquels j’avais gardé le contact et en qui j’avais confiance, que le véritable et unique enjeu politique était la succession, que Ben Ali avait décidé de faire de son épouse la future présidente, que par conséquent, il fallait se préparer à cet ultime combat en faisant converger toutes les actions vers la neutralisation de Leila, de son clan et de ses complices au palais. J’essayais de convaincre ces amis que c’était une erreur de taper sur les deux ou trois personnalités politiques intègres et honorables, qui avaient encore une chance de prendre la relève après Ben Ali. J’essayais de les persuader que Sakhr el-Matri n’était que l’arbre qui cachait la forêt, que le véritable danger était Leila et sa famille, que rien n’empêchait une alliance stratégique entre l’opposition et un certain nombre de patriotes au sein du régime et du RCD. Je ne peux pas citer les noms des deux opposants historiques du mouvement islamiste auxquels j’ai tenu ce discours et que j’ai rencontrés à Paris, à peine deux mois avant la « révolution » du 14 janvier. Je leur laisse le choix de le dire eux-mêmes. Je peux en revanche citer Ahmed Manaï, Abdelwahab Hani, Mohsen Toumi…, qui étaient déjà parfaitement conscients du danger que constituait Leila Ben Ali et qui savaient sur quel homme politique je misais pour éviter à la Tunisie le pire.

Ahmed Manaï osait même écrire à l’époque que, «Le 22 octobre 2004, Leila Trabelsi, clôturait la campagne électorale de son mari de président. En fait, c’était une répétition tout à fait réussie de l’envoi de sa propre campagne, dans un avenir proche ou lointain. Le message est clair : la femme qui a tout régenté en Tunisie, pendant des années, éradiqué ou réduit au silence tous ses ennemis, qui a amassée une fortune, trouvé le temps d’améliorer son éducation et qui dirige effectivement le pays de derrière le rideau, depuis cinq ans, est prête à assumer les hautes charges de l’Etat en cas de vacances du pouvoir. Les modalités pour y parvenir, c’est du détail… »[1].

Le second niveau de mon action concernait les amis français, principalement des journalistes. Les connaissant depuis longtemps, je pouvais me confier à eux en toute confiance. Je leur tenais le même discours et la même analyse que vis-à-vis des quelques amis de l’opposition. Je leur expliquais que le système politique tunisien n’était pas une abstraction, qu’il était composé d’hommes, et que c’était une grave erreur de les considérer tous comme étant des « pourris ». Que dans le RCD comme au sein du gouvernement, il y avait des hommes compétents, honnêtes et sincèrement démocrates. Je citais souvent le premier ministre, Mohamed Ghannouchi, le ministre des Affaires étrangères, Kamel Morjane, le ministre de l’Education nationale, Hatem Ben Salem, le ministre du Tourisme, Slim Tlatli, le ministre de la Santé publique, Mondher Zneidi, le ministre du Développement et de la Coopération internationale, Mohamed-Nouri Jouini, ainsi que Taoufik Baccar, ministre- Gouverneur de la Banque centrale. Je leur disais que, si la relève ne se déroulait pas comme le souhaitaient Leila, ses complices du palais et son clan mafieux, d’autres anciens ministres et hauts cadres intègres, marginalisés ou exclus, reviendraient contribuer à l’édification d’une nouvelle Tunisie démocratique, stable et prospère. Je citais Mohamed Jegham, Ahmed Fria, Sadok Ben Joma, Mansour Moalla, Rachid Sfar, Slaheddine Maaoui, Fethi Houidi, Chedly Ayari, Moncer Rouissi, Faïza Kéfi, Mustapha Filali, Mohamed Ben Sâad, Abdessalem Mseddi,  Tahar Sioud…

Le troisième niveau de mon action était la défense de Kamel Morjane contre ses détracteurs au palais et au sein du RCD. C’est en effet sur cet homme que j’avais placé mon espoir de voir la Tunisie post-bénalienne retrouver son prestige d’antan et, surtout, de lui éviter le pire. Je le connaissais pourtant à peine, mais la personnalité de cet homme ainsi que son parcours intellectuel et politique, suffisaient largement pour que je mise sur lui. J’ai toujours cru, en effet, que le pouvoir doit revenir aux meilleurs. Et les meilleurs pour moi sont ceux qui se distinguent des autres par leur culture, par leur honnêteté et par leur patriotisme. C’est en cela que j’étais fasciné par la personnalité de Bourguiba.

Les Tunisiens ne doivent jamais oublier qu’avant la révolution dite du jasmin, le choix était entre le comique (Sakhr el-Matri) et le tragique (Leila Ben Ali), entre un leurre qui surfait déjà sur la vague de l’islamisme « modéré »[2] et une inculte qui a fait le rêve d’Eva Peron après avoir développé les vices d’Imelda Marcos. A mon petit niveau d’intellectuel engagé, puis d’ambassadeur, j’avais fait le choix politique de soutenir Kamel Morjane. J’avais l’intime conviction qu’avec un tel diplomate à la présidence, rien ne serait plus jamais comme avant. A mes yeux, il était porteur de cette transition pacifique et authentiquement démocratique à laquelle aspirait la société tunisienne. En une année à la tête des Affaires étrangères, il avait rendu à ce ministère le dynamisme, l’efficacité et le prestige qu’il avait à l’époque de Bourguiba, notamment sous le ministère de Mohamed Masmoudi, Habib Chatti, Hassen Belkhodja, Mahmoud Mestiri, Béji Caïd Essebsi, Hédi Mabrouk.

Beaucoup d’observateurs Tunisiens ou étrangers savaient pertinemment que le destin du pays se jouait in fine entre Kamel Morjane et Leila Ben Ali. Dans sa livraison de juillet-août 2010, le magazine de Béchir Ben Yahmed, La Revue, consacrait sa couverture à « Kamel Morjane, cet homme qui donne du temps au temps ». Dans cet article non signé, car son auteur avait été mis à l’index par Abdelwahab Abdallah, on pouvait lire ce message politique lourd de conséquences tenu par Ismaïl Boulahya, secrétaire général du Mouvement des démocrates socialistes (MDS) : « ceux qui ont évoqué son nom comme un possible prétendant à la succession lui ont beaucoup porté préjudice ». En d’autres termes, ils lui réservaient le même sort qu’à Mohamed Jegham, dont Leila Ben Ali et ses complices du palais avaient fini par avoir la tête.

Si pour moi, Kamel Morjane garantissait la permanence de l’Etat dans la transition démocratique, Leila Ben Ali et ses acolytes exprimaient le pourrissement de l’Etat dans la continuité mafieuse. La guerre en coulisse se jouait entre le vice et la vertu, entre le bien et le mal, entre le relèvement des Tunisiens et leur asservissement, entre la dignité et le déshonneur, entre le grand complot et le contre complot. » (Fin de citation).


[1] Ahmed Manaï, « Attention ! Un train peut en cacher un autre ! », le 27 octobre 2004, http://www.tunisitri.net

[2] Notamment par la création de Radio Zitouna, exclusivement consacrée à la récitation du Coran et aux émissions religieuses. Le projet a été à l’époque bien accueilli par Ennahda, dans un communiqué rendu public le 19 septembre 2007, dans lequel Ghannouchi  saluait «  l’homme d’affaire Sakr el-Matri, fondateur d’une radio au service du Coran… ». Dans cette compétition à la succession de Ben Ali, pour devenir présidente, Leila Trabelsi aurait carrément mis la burka !

Previous Post

Tunisie: Rupture d’eau potable à Sfax

Next Post

Tunisie: Marzouki, « accusé » de propagande politique

Next Post

Nessma remporte le prix Best Interactive Award !

Discussion about this post

EspaceManager

Espacemanager

  • Contact
  • Qui sommes-nous ?

Nos rubriques

  • Actualités
  • Auto
  • Chroniques
  • Communiqués
  • Divers
  • Économie
  • Finance
  • High-tech
  • Infos sociétés
  • International
  • Interviews
  • Macro
  • Marketing
  • Politique
  • Social
  • Sport

Suivez Nous!

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Politique
  • Économie
    • Finance
    • Infos sociétés
    • Macro
    • Marketing
  • Chroniques
  • Social
  • Interviews
  • A la page
    • Auto
    • Communiqués
    • Divers
    • High-tech
    • Sport
  • International
  • AR