
L’actuel contexte de désenchantement politique et de crise sociale et morale est propice aux interrogations et à la démoralisation de nos concitoyens. Dans ce cadre se dessinent entre autre, les contours d’une islamophobie rampante qui gagne et le territoire et l’esprit du Tunisien.
Et pour cause, un concours de recrutement des sergents de la garde nationale a été organisé par le ministère de l’Intérieur. Des questions à caractère religieux ont suscité la polémique. Des questions qui ont départagé les Tunisiens.
« Le pays ne reconnait plus son identité tunisienne ni son drapeau ni ses fêtes nationales. C’est l’islamisation de nos institutions (…) », dénoncent les uns.
« C’est quoi le problème? Lorsqu’on parle de culture générale on parle d’une entité qui comporte plusieurs disciplines; éducation, religion, histoire, vie sociale, technologie, arts. (…) », s’interrogent les autres.
Suite à cette polémique suscitée par le choix des questions proposées lors de l’épreuve en question, et dans le souci d’observer une stricte neutralité d’une part et sauvegarder son image d’indépendance pour prévenir toute contestation, d’autre part, le ministère de l’Intérieur, a décidé de faire repasser les épreuves du concours à une date ultérieure et d’ouvrir une enquête administrative à ce sujet.
Depuis la chute de l’ancienne dictature, le Tunisien est sous tension permanente. La crise sociale et morale qu’il traverse est profonde. Si celle-ci est alimentée par des faits politiques, sociaux et économiques anxiogènes, elle est également alimentée par une sorte de délire islamophobe, non pas par rapport à l’Islam en soi, dont les Tunisiens se réclament les bons anges, mais par rapport aux islamistes, à la radicalisation de l’Islam et au retour sur la controverse historique.
La Tunisie mérite mieux que les névroses obsessionnelles, au contraire, elle mérite un projet de société inspiré des valeurs de la République, ancré dans les réalités de notre temps et tourné vers l’avenir. Un projet dont le dessein converge sur diverses propositions qui réfléchissent une conception humaniste de la société.
A.F.
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