Montée de l’islamophobie de par le monde: S’achemine-t-on vers un nouveau choc des religions ?

Montée de l’islamophobie de par le monde: S’achemine-t-on vers un nouveau choc des religions ?

« La montée de l’islamophobie constitue une menace croissante et directe pour la paix et la stabilité dans le monde. C’est également une atteinte atroce à tous les musulmans, ainsi qu’à de nombreux non-musulmans ». C’est là, la déclaration de la Tunisie, par la voie de Nabil Ammar, représentant permanent auprès de l’ONU, à l’occasion de la célébration par l’instance onusienne, le 15 mars, de la Journée de lutte contre la haine envers l’islam. Il ajoute néanmoins : « Il ne suffit pas de condamner ».

On sait qu’en 2022, les Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique ont adopté une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies fixant le 15 mars de chaque année comme Journée internationale de lutte contre « la haine envers l’islam ». Or, depuis, l’OCI a disparu des radars.

Parce que ce phénomène de l’islamophobie relève de reflexes épidermiques, sociologiquement difficiles à conceptualiser, parce que rétifs à toute approche scientifique. Ce phénomène puise, par ailleurs, ses racines dans l’hostilité systémique et dans une forme de racisme eugénique (la race) à l’endroit des Arabes qui ont le « tort » d’être musulmans. C’est ce que fait un certain Eric Zemmour, par exemple et qui se fait l’écho d’un Occident emporté dans le tourbillon de l’extrémisme de droite.

En Europe, aux Etats-Unis, en Australie, au Canada, voire en Nouvelle-Zélande, c’est l’accélération démente du fascisme, du populisme qu’incarne Trump au milieu de l’engouement coquin de ses adulateurs. Les appareils d’Etat se mettent au service de la stigmatisation sociétale et du rejet de l’Autre.

Sans doute, pour la nation islamique, est-il aujourd’hui plus qu’opportun d’annoncer l’heure de l’aggiornamento et de l’exégèse du Coran par la voie du « Tafsîr », rompant par ailleurs avec les tendances au prosélytisme et aux Fatwas d’un autre âge des prédicateurs zélés.  Cet aggionamento  doit être accessible à tous et doit aussi cibler les adeptes des deux autres religions monothéistes. Les musulmans, presque tous, savent tout sur la Bible, puisque le Coran y prend aussi appui dans certaines Sourates. Mais les « Bibliques » ne savent rien, ni sur le Coran, ni sur la genèse et la quintessence de l’islam, religion de la tolérance, du respect et de la protection des minorités. Or, qui a fait les Croisades au nom de la chrétienté ? Certainement pas les musulmans !

Dans l’imaginaire chrétien, les Croisades « frustrées et battues » font miroiter encore des réminiscences guerrières. Mais, depuis la Shoah, la chrétienté se fond, par sentiment de culpabilité, dans cet antisémitisme au nom duquel l’Etat sioniste procède à une épuration dans les règles du peuple palestinien.

L’Occident confond tout : il ne fait pas la différence entre musulmans pacifistes et adeptes de Daech. Pas plus qu’il ne veuille reconnaitre que Daech est une fabrication occidentale pour renverser (prétexte) les dictatures arabes. Un petit détour dans le livre de Mme Clinton serait en effet édifiant pour ceux qui veulent voir…

Maintenant, avec la guerre en Iran, les choses se compliquent davantage. L’Amérique et l’Occident jouent sur les amalgames : Sunnites, Wahhabites , alliés de circonstances, contre les Chiites qui les bombardent. Trump et Netanyahu ont finalement  leur guerre des religions.

Raouf Khalsi  

 

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