Le temps d’une soirée, elle a capté toute l’attention d’un public venu nombreux, connaisseur et fidèle à son répertoire.
Depuis plus de 40 ans, Najat Aâtabou continue d’être adulée par ses fans. Le 8 août 2026, l’icône marocaine a investi la scène du Festival International de Hammamet (FIH), offrant un spectacle singulier, à la croisée de la modernité et des sonorités du folklore marocain.
Vêtue d’une robe éclatante, arborant un charisme intact et portée par une voix immédiatement reconnaissable, Najat Aâtabou s’est adressée à son public avec chaleur, proximité et bienveillance. Entourée de ses musiciens et portée par une riche palette instrumentale, la diva marocaine a rapidement installé une atmosphère conviviale, avant de laisser la musique prendre toute sa place.
Mais au-delà de son répertoire, l’un des attraits majeurs de la soirée résidait dans les histoires et anecdotes racontées entre deux morceaux. Avec humour et spontanéité, Najat Aâtabou a évoqué l’homme, la femme et la famille marocains, tout en abordant certaines réalités sociales qui traversent la société. Elle a notamment livré un regard critique sur les rapports entre les genres, les mentalités et les difficultés qui persistent au sein des sociétés patriarcales, particulièrement dans les sociétés arabo-musulmanes.
Heureuse de retrouver la Tunisie, avec laquelle elle entretient une relation affective particulière, la chanteuse a rapidement établi une complicité avec le public. Entre musique et prises de parole, elle a abordé des sujets aussi sensibles que le statut de la femme, la polygamie, la masculinité dominante, mais aussi l’hypocrisie sociale, le paraître, l’égoïsme et les tromperies. Des thématiques parfois sérieuses, mais traitées avec finesse, humour et un sens aigu de la répartie.
Sur scène, Najat Aâtabou a également démontré que son répertoire n’a rien perdu de sa force dansante et rythmée. La chanson « Kedhba Bayna » a particulièrement fait réagir le public, l’interrogeant sur la responsabilité de l’homme ou de la femme dans une relation marquée par le mensonge. La chanteuse a ensuite enchaîné avec « Baadou Leeh », « Hadouk Haa » et « Maa Raachek Lih ».
Très attendue, « J’en ai marre » a constitué l’un des moments forts de la soirée. Najat Aâtabou a finalement conclu son spectacle sur une note patriotique avec « Viva Morocco », avant de dédier également un morceau au public tunisien.
Ce qui distingue surtout l’artiste reste la richesse et la diversité de son répertoire. En plus de quatre décennies de carrière, elle s’est aventurée dans différents univers musicaux, de l’Aïta à la chanson française, tout en faisant dialoguer plusieurs langues et dialectes, notamment l’amazigh, l’arabe et le français. Avec plus de 500 chansons à son actif, Najat Aâtabou s’est imposée comme l’une des grandes voix de la musique marocaine et maghrébine, jusqu’à fouler les scènes les plus prestigieuses à travers le monde.
Cette soirée du 8 août s’inscrivait dans la thématique « Endless Memories », qui accompagne cette édition du Festival International de Hammamet. Une parenthèse musicale et humaine qui a permis au public de retrouver une artiste populaire, engagée et toujours aussi généreuse sur scène.
Le FIH cède désormais la place à une autre figure de la scène libanaise, Cindy Latty, attendue le 9 août pour une nouvelle soirée placée sous le signe de la musique et des souvenirs.

