Le déballage médiatique des dirigeants de Nida Tounes appartenant aux deux camps et qui se rejettent la responsabilité de la crise, n’aide pas à apaiser la tension, au contraire il approfondit le fossé entre les belligérants. Même le communiqué rendu public par le groupe des huit membres de l’instance constitutive, par ailleurs, jugé « positif » n’a pas calmé « les légitimistes » dont une trentaine de députés ont annoncé le gel de leurs activités au sein du parti exigeant la tenue d’une réunion du bureau exécutif avant le 12 courant, avant de mettre leur menace de scission à exécution.
Le communiqué du comité constitutif qui, nous a confié une source de Carthage, a été dicté par Béji Caid Essebsi en vue de donner plus de chance pour sauvegarder l’unité du parti, a été considéré par certains proches du secrétaire général comme une manœuvre pour fissurer leur camp.
Cette trêve d’une semaine accordée par les participants à la réunion de mardi 3 novembre va permettre au président Mohamed Ennaceur accusé de partialité, de mener une médiation afin de rapprocher les vues. Il est évident qu’en sa qualité du premier dirigeant, il doit assumer ses responsabilités jusqu’aux bouts pour éviter l’irréparable. Et bien que chacun des deux camps campent sur sa position, Ennaceur leur a présenté des propositions qui pourraient constituer la base d’un accord.
Il s’agit de réunir le comité constitutif avec ses 14 membres le 12 novembre, sous la présidence Mohamed Ennaceur, comme annoncé par le groupe des huit, mardi dernier. Le comité devra présenter un projet de recommandations concernant la nature du congrès( constitutif, électif ou consensuel) et sa date ainsi que les critères de choix des membres de la commission neutre qui sera chargée de l’organisation du congrès. Ces recommandations seront, par la suite, soumises au bureau exécutif pour adoption.
Mais si la médiation du président du parti qui bénéficie du soutien du président fondateur Béji Caid Essebsi, venait à échouer, l’implosion serait, alors, inévitable.