
Taher Ben Hassine, directeur de la chaîne associative « El Hiwar Ettounissi », a comparu devant le juge d’instruction de la 18è chambre du tribunal de première instance de Tunis, en tant qu’accusé pour « attribution d’affaires illégales à un fonctionnaire , conformément à l’article 128 du code de procédure pénale et pour avoir publié de fausses nouvelles pouvant porter atteinte à l’ordre public, selon l’article 54 du décret loi n° 115 relatif à la liberté de la presse ».
Cette convocation fait suite aux déclarations de Ben Hassine accordées à la chaîne privée « Ettounissia », le 20 février dernier, où il affirme qu’ « un haut responsable sécuritaire avait reçu des instructions du président du Parti Ennahdha.Ben Hassine déclare, dans une entrevue avec l’Observatoire du Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse, qu’il allait se diriger vers la justice pour prouver son innocence, affirmant, qu’en aucun cas il n’aurait dépassé la loi à travers ses déclarations, appelant la justice à vérifier ses dires.
Ben Hassine considère, à ce propos, qu’intenter des procès contre les journalistes s’inscrit dans une démarche qui vise à les intimider et à les décourager dans l’exercice de leur métier en toute liberté, quand il s’agit de divulguer les dépassements dans notre pays.
Le Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse, appelle de nouveau à mettre à l’écart la justice dans le traitement de questions en rapport avec l’Information afin d’écarter tout soupçon quant à une quelconque instrumentalisation politique ou autre règlement de compte dans ce sens et aussi pour ne pas freiner l’élan des journalistes dans le traitement de questions sensibles.
Par ailleurs, les forces de l’ordre ont arrêté, le mardi 9 avril courant, le journaliste et responsable du site « Nawaat », Malek Khadhraoui, du fait qu’il filmait en utilisant un «drone» à l’Avenue Habib Bourguiba, pendant les manifestations commémoratives de la fête des Martyres. Khadhraoui a été conduit à un poste de police de la capitale pour être interrogé, avant d’être libéré peu de temps après.
Le confrère Malek khadhraoui déclare dans un entretien avec l’Observatoire qu’il a été interrogé sur la nature de l’appareil, objet de son arrestation, précisant qu’il n’existe aucun mobile légal interdisant son usage. Il assure, également, que les agents de sécurité l’ont traité correctement et qu’il n’a fait l’objet d’aucune forme de violence ni d’un quelconque mauvais traitement, ne cachant pas, néanmoins, les sentiments d’humiliation ressentis au moment de sa conduite au poste de police, sentiments dus à une attitude qui ressemble plus à la manière de traiter des criminels, alors qu’il n’a fait qu’exercer son métier.
Le Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse dénonce l’arrestation de Khadhraoui et réitère ses appels aux pouvoirs sécuritaires à développer ses méthodes dans la manière d’appréhender les journalistes pendant les mouvements populaires.
Karim Makni, correspondant de la chaine privée « Hannibal » à Sfax, a été, pour sa part, agressé matériellement et verbalement, par des agents qui dispersaient des manifestants ayant barré la route nationale n°13, en signe de contestations de l’isolement de la zone « Sidi Khalifa Tayari », suite aux grandes pluies.
Le confrère Karim Makni affirme, dans un entretien avec l’Observatoire, qu’un agent s’est dirigé vers lui et l’a insulté en connaissance de sa qualité professionnelle et même si Makni avait exhibé sa carte professionnelle. Makni ajoute que « cet agent ne m’a même pas accordé la possibilité de discuter avec lui et m’a asséné des coups provoquant la chute et la destruction de mes lunettes. Ses collègues, m’ont également asséné des coups de pieds et de bâtons, ce qui m’a causé des dégâts au niveau de la cuisse droite et des égratignures au pied ».Makni s’est fait délivré un certificat médical à cet effet.
Le Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse exprime son entière solidarité avec Karim Makni et dénonce les dépassements qu’il a subis pendant sa couverture d’un mouvement populaire. Le Centre appelle, également, le ministère public à ouvrir une enquête urgente, à cet effet.
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