L’Observatoire tunisien de l’eau (OTE) a appelé à lancer un programme d’investissement d’urgence visant à renouveler les réseaux d’eau potable et d’irrigation et de limiter les fuites d’eau.
Lors d’une conférence tenue, jeudi, sur le thème « Quelle réalité hydrique après l’été 2026 », l’observatoire a recommandé de soutenir la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) pour lui permettre de couvrir ses coûts et garantir la continuité de ses services, compte tenu des pressions continues exercées sur les ressources hydriques et de la baisse de la qualité des réseaux de distribution.
Selon l’Observatoire, les coupures et l’augmentation du nombre de fuites d’eau gaspillées et non traitées se poursuivent encore, en dépit d’une amélioration conjoncturelle des ressources en eau dans les barrages enregistrée, durant le printemps 2026.
Dans ce contexte, l’Observatoire a appelé à accélérer l’adoption du code des eaux et à activer le rôle des institutions chargées de lutter contre le forage anarchique des puits, tout en soutenant les groupements hydrauliques et en régularisant leurs situations financières liées aux dettes impayées, afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau dans les zones rurales et dans les régions intérieures.
Il a également recommandé de parachever le cadre législatif, permettant d’augmenter le taux de valorisation des eaux usées traitées, de 10 % actuellement à 80 % à l’horizon 2050.
Le coordonnateur de l’Observatoire, Alaa Marzougui a précisé, lors de la présentation d’un rapport intitulé « Carte de la soif et situation hydrique en Tunisie : de la rareté des ressources à l’impératif de résilience », que la Tunisie a atteint la phase de « stress hydrique », soulignant que la part individuelle en ressources hydrauliques oscille actuellement entre 380 et 430 mètres cubes (m3) par an, contre environ 500 m3 auparavant. Cette part devrait baisser à environ 200 m3 annuellement à l’horizon 2050, selon les données présentées.
Il a fait remarquer que l’exploitation des nappes phréatiques a dépassé leur capacité de renouvellement. Ainsi, le volume d’extraction annuel est estimé à environ 3 217 millions de mètres cubes, par rapport à des ressources renouvelables évaluées selon ses estimations à 2 412 millions de mètres cubes.
La Tunisie compte environ 33 mille puits anarchiques qui pompent environ 827 millions de mètres cubes d’eau par an, ce qui représente 26 % de l’extraction nationale totale. Il a en outre indiqué que « le taux de perte physique d’eau dans les réseaux de la SONEDE a atteint 23 %, au cours de l’été 2026, tandis que le taux de perte d’eau dans les réseaux d’irrigation publics s’est élevé à environ 30 % ».

