Passerelles Savoirs-Médias: Une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie

Passerelles Savoirs-Médias: Une dynamique inédite pour rapprocher recherche et médias en Tunisie

La Fédération Tunisienne des Directeurs de Journaux (FTDJ), en partenariat avec le programme SavoirsÉco mis en œuvre par Expertise France et avec le soutien de l'Union européenne, a organisé le mercredi 15 avril 2026, à l'Hôtel Kyriad Prestige de Tunis, la journée inaugurale du projet Passerelles Savoirs-Médias.

Cette rencontre a réuni des chercheurs universitaires, des experts économiques, des journalistes et des directeurs de médias autour d'un objectif commun : créer un cadre concret de collaboration entre le monde de la recherche et celui des médias, afin de rendre les savoirs économiques plus lisibles, plus accessibles et plus utiles au débat public tunisien.

La journée a confirmé un diagnostic largement partagé par les participants : les travaux académiques et les analyses des structures de recherche restent insuffisamment relayés dans l'espace public, alors qu'ils peuvent nourrir une information plus rigoureuse et plus proche des préoccupations citoyennes. Moins de 15 % des contenus économiques publiés dans les médias tunisiens font l'objet d'une véritable vulgarisation.

« Ce partenariat est innovant parce qu'il part d'études réalisées pour expérimenter si leurs résultats peuvent être concrétisés sur le terrain et servir à appuyer le débat public », a déclaré Hela Cherif, Cheffe de projet adjointe, Programme SavoirsÉco — Expertise France à ce sujet.

De son côté, Mohamed Taieb Zahar, Président de la Fédération Tunisienne des Directeurs de Journaux  a indiqué que : « On est en train de faire quelque chose d'utile qui se traduit par deux termes essentiels : crédibilité et notoriété — pour les chercheurs comme pour les médias ».

Pour ce qui est du déroulement de cette journée, La matinée a été consacrée à un World Café organisé autour de trois axes thématiques : Visibilité, Opportunités et Impact dans le but de permettre à chaque participant de contribuer activement au diagnostic collectif. Les échanges ont mis en lumière plusieurs enseignements majeurs :

  • La nécessité de lever les obstacles à la médiatisation des travaux de recherche : jargon académique, méconnaissance mutuelle des contraintes, absence de formats adaptés à la presse.
  • L'importance d'un langage plus accessible, sans perte de rigueur scientifique.
  • La valeur ajoutée réciproque d'une collaboration plus étroite entre journalistes et chercheurs.
  • L'existence de sujets économiques prioritaires (coût de la vie, emploi, endettement, bien-être, intelligence artificielle...).

Quant à l'après-midi, elle a prolongé cette dynamique avec une session de Media Pitching au cours de laquelle plusieurs chercheurs ont présenté leurs travaux en 180 secondes devant les professionnels des médias. Cet exercice a permis de faire ressortir des thématiques à fort potentiel éditorial — capital corrosif et dépendance géopolitique, bien-être des Tunisiens au-delà du PIB, mécanismes de l'endettement public — et de démontrer concrètement la complémentarité des deux expertises.

« Aujourd'hui, ce n'est pas la fin de Savoirs Éco, c'est le début de Passerelles Médias. C'est la première brique d'un projet que nous allons construire ensemble, les laboratoires de recherche, les chercheurs, les universitaires»,  a affirmé Khaled Aouij, membre du bureau chargé de la communication — FTDJ, durant le débat. Il a, également, mis l'accent sur l'importance de l'intelligence artificielle dans la vulgarisation et le référencement des contenus, la stratégie de présence sur les réseaux sociaux, et nécessité d'adapter les formats à chaque plateforme. 

Enfin, La journée du 15 avril constitue une étape fondatrice. Le projet Passerelles Savoirs-Médias prévoit, sur sept mois, la co-production de quinze dossiers multi-plateformes, article journalistique, infographie et capsule vidéo, publiés dans les journaux membres de la FTDJ (Le Temps, La Presse, Réalités, Managers) et diffusés sur leurs plateformes numériques, pour atteindre plus de 500.000 lecteurs et internautes. Une formation dédiée à la co-création est programmée pour le 30 avril 2026.

S.G.

 

 

 

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