Promesses non respectées et pression fiscale : c’est ce que subissent nos pharmacies au quotidien. D’ailleurs, le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie (SPOT) a lancé un cri d’alerte et a révélé une réalité brutale : les pharmaciens sont poussés au gouffre par ceux qui ont le plus besoin de leur présence !
Le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie a pointé du doigt l’attitude de l’État et, plus précisément, celle des administrations fiscales, des caisses sociales et de certaines communes. Dans un communiqué du 15 mai 2026, le syndicat dresse un constat amer et frustrant. On ne se contente plus de critiquer, on passe désormais aux accusations. Celles-ci s’adressent directement à l’État et aux caisses sociales qui, par leurs manquements répétés, ont transformé la mission des pharmaciens en un véritable parcours du combattant.
La CNAM coupable de trahison ?
La relation entre pharmaciens et CNAM tourne continuellement autour des impayés et des retards de paiement. En ne respectant pas ses engagements, la CNAM ne se contente pas de fragiliser des entreprises : elle trahit la confiance que les pharmacies lui témoignent.
De plus, il est inacceptable d’exiger d’un professionnel de santé de garantir l’accès aux soins et la disponibilité des médicaments quand son propre partenaire financier l’asphyxie et ne veille pas à verser ce qu’il lui doit. Les pharmacies sont les victimes d’une gestion au jour le jour qui les condamne à porter seules le poids de la dette sociale. Cette situation fait peser un risque majeur sur l’approvisionnement auprès des grossistes.
Une pression fiscale et sociale déconnectée du réel
La situation des pharmaciens ne se limite pas aux manquements de la CNAM. Alors que les officines font face à une crise de liquidité sans précédent, l’administration fiscale a considéré qu’il s’agissait du moment idéal pour infliger des sanctions et des pénalités, voire engager, dans certains cas, des poursuites. Il s’agit d’une véritable aberration administrative : l’État punit le pharmacien pour des difficultés dont l’une de ses propres institutions est la principale cause. Le pharmacien se retrouve, actuellement, pris en étau. D’un côté, ses charges explosent sous l’effet de l’inflation et des décisions gouvernementales. D’un autre côté, ses marges restent fixes et ses revenus sont bloqués par les retards de paiement.
Les revendications du SPOT
Face à cette situation, le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie a exigé :
1- Le respect des conventions signées et l’application d’un calendrier de paiement régulier.
2- L’arrêt du harcèlement administratif et des pénalités de retard.
3- Une révision des marges de bénéfice en raison de la détérioration du pouvoir d’achat et de la hausse des coûts d’exploitation.
Au lieu de faire la sourde oreille, le gouvernement devrait se pencher sur la détresse du secteur. Il est temps d’assumer ses responsabilités et de préserver un service public de proximité qui menace de s’effondrer.
S.G

