Pour l'histoire: il y a 70 ans le premier gouvernement de la Tunisie indépendante

Au lendemain de l’indépendance proclamée le 20 mars 1956, la Tunisie engage rapidement la mise en place de ses institutions. Le 25 mars 1956, les premières élections de l’Assemblée nationale constituante se tiennent dans un climat de mobilisation politique intense. Le « Front national », dominé par le Néo-Destour de Habib Bourguiba, rafle la quasi-totalité des 98 sièges, reléguant les listes communistes à la marge. Le chef du Neo Destour Habib Bourguiba est élu président de l'ANC.
Dans la foulée de ce scrutin, le chef du gouvernement de transition, Tahar Ben Ammar, remet sa démission à Lamine Bey le 9 avril 1956. Une décision attendue, qui s’inscrit dans une logique institutionnelle : celle de céder la place à une équipe issue de la nouvelle majorité élue. Ben Ammar, figure clé des négociations ayant conduit à l’indépendance, aura ainsi assuré la transition entre la tutelle coloniale et l’affirmation d’un pouvoir national souverain.
Deux jours plus tard, le 11 avril 1956, Habib Bourguiba, le est officiellement chargé de former le premier gouvernement de la Tunisie indépendante. Il cumule alors les fonctions de Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de la Défense, concentrant entre ses mains les leviers essentiels du nouvel État.
Ce premier exécutif reflète à la fois la diversité des profils et la volonté de structurer rapidement les institutions :
Vice-président du Conseil : Bahi Ladgham
Ministres d’État : Mongi Slim, Mohamed Masmoudi
Intérieur : Taïeb Mehiri
Justice : Ahmed Mestiri
Finances : Hédi Nouira
Économie nationale : Ferjani Bel Haj Ammar
Santé publique : Mahmoud El Materi
Agriculture : Mustapha Filali
Travaux publics : Ezzedine Abbassi
Postes, Télégraphes et Téléphones : Mahmoud Khiairi
Éducation nationale : Lamine Chebbi
Urbanisme et Habitat : André Barouch
Affaires sociales : Mohamed Chakroun
Secrétaire d’État à l’Information : Béchir Ben Yahmed
Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports : Azouz Rebai
Ce gouvernement marque le véritable point de départ de la construction de l’État tunisien moderne, avec pour mission prioritaire la rédaction d’une Constitution et la mise en place des fondations politiques, économiques et sociales du pays indépendant.
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