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Pour une dédiabolisation de la police tunisienne

18 juillet 2013
in Chroniques
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De nos jours, les Tunisiens ne veulent plus de la police de Ben Ali. Ils plaident plutôt pour une police républicaine d’invention moderne qui doit se charger de la surveillance des mœurs,  de l’arrestation des brigands, de la sécurité du citoyen et de ses biens et du maintien de l’ordre public.

Comme dans chaque État,  la police nationale tunisienne est soumise aussi à un Code de déontologie, qui impose des droits et des devoirs  aux policiers dans l’exercice de leur métier et un comportement exemplaire même en dehors de la profession afin de préserver les valeurs d’honneur et de probité qui régissent l’Institution.

La relation entre la police et les citoyens en Tunisie est encore aujourd’hui marquée par la suspicion et la méfiance. La répression vécue par les Tunisiens était grande, et grande est encore la  haine contre les forces de sécurité tunisienne.

La police a-t-elle changé depuis le 14 janvier 2011 en Tunisie, depuis qu’un policier a jeté une rose à un citoyen devant le ministère de l’Intérieur à Tunis pendant que les caméras et les appareils photos s’agitaient ? Ce genre d’échange convivial et bon enfant peut réussir, car il permet aux policiers et aux citoyens d’apprendre à se connaître. Cela ne s’était jamais produit en Tunisie.

Si une volonté de réconciliation est perceptible du côté des forces de l’ordre et des discours des syndicats, pourquoi ne pas recharger le crédit confiance entre la société civile et le corps sécuritaire ?

Ces derniers temps, le corps sécuritaire a appelé le peuple à l’union sacrée pour faire face au fléau du terrorisme qui, deux ans après la révolution, commence à s’implanter en Tunisie. Le rapprochement est d’ailleurs en cours. En témoignent les nombreux citoyens, à Kasserine et dans d’autres régions, qui se sont portés volontaires pour prêter main forte à l’armée et aux forces de police pour pourchasser les éléments terroristes réfugiés à Jebel Châmbi et dans les zones montagneuses boisées à la frontière tuniso-algérienne.

N’est-il pas temps, aujourd’hui, de réduire le fossé et de donner la chance à chacun de prouver sa bonne volonté, pour remédier à ce qui pourrait encore «infecter» la démocratie en Tunisie?

Les médias ont aussi ce rôle à jouer, il ne faut pas simplement rapporter les faits où les policiers sont en faute, par allusion à l’affaire du viol de la jeune fille par 3 agents de police, il faut aussi couvrir, et de la même manière, les évènements où des policiers sont des victimes, tel le meurtre de l’officier Mohamed Sboui, assassiné atrocement.

En partageant les évènements positifs, on fait renaître la confiance des deux côtés. C’est ainsi qu’ils pourront endosser le rôle de médiateurs, voire de conciliateurs.

Nos artistes, surtout les rappeurs et les humoristes,  doivent cesser de caricaturer outrageusement le corps de la police, et d’appeler à l’agresser ou à tuer ses agents car ce genre de comportement  est irresponsable et ne fera qu’affaiblir ce corps au nom de la liberté d’expression.

La protection des agents de sécurité est une revendication de tous les Tunisiens, partis, organisations et personnes, afin qu’ils puissent protéger les citoyens et les biens publics et privés, et préserver l’autorité de l’Etat, sans que cela soit aux dépens des droits et libertés publiques et privées.

Oui, il est vrai que les agressions se multiplient sur les policiers. Et eux ou même leurs familles  ne sont plus protégés,  ils ne pourront plus assurer notre sécurité et nos biens.

Seule une bonne  communication peut remédier à cette fracture entre la société et le corps de la sécurité, qui vise à contribuer de manière concrète au développement d’un système sécuritaire républicain et d’une police neutre, travaillant sur la base du respect commun de la loi, de l’Etat et du citoyen.

Abdelahamid Ferchichi

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