
Une fois encore, la nouvelle classe politique se distingue de la pire des manières. Pendant que nos soldats sont lâchement et sauvagement tués à Chaambi, alors que des millions de tunisiens vivent sous le seuil de la pauvreté et que d’autres bravent le chômage, la crise et la violence, les nouvelles élites politiques exhibent un égoïsme indécent et des calculs politiciens insolents.
Le pays est dans un état comateux , miné par une vague d’attentats meurtriers , paralysé par la division de son peuple , paralysé par des politiciens assoiffés de pouvoir , asphyxié par une crise économique grave et tétanisé par le terrorisme. Son salut hélas est suspendu au bon sens d’une classe politique qui démontre de plus en plus qu’elle navigue à contre courant des vraies revendications et des attentes populaires. Une classe politique qui confirme son attachement obsessionnel au pouvoir au détriment de l’intérêt national.
De son exil saoudien doré, Ben Ali sur un ton jubilatoire, s’adresse à tous ses anciens opposants Islamistes, gauchistes, progressistes, nasséristes, baassistes, …tous les signataires de l’appel du 18 octobre : « Qu’avez-vous fait de la Tunisie après moi ? »
Le peuple qui s’est soulevé et s’est révolté pour la dignité se sent désabusé et livré, telle une proie facile, aux hyènes et aux charognards de la politique. Alors qu’il s’attendait à plus de justice, de sécurité et de prospérité, le peuple se retrouve prisonnier de politiciens, jadis unis et solidaires, mais aujourd’hui ennemis féroces prêts à s’entretuer, à se déchirer et à monnayer la paix d’un pays et la vie d’un peuple pour rester ou pour accéder au pouvoir.
Il y a quelque chose de pourri chez cette classe politique. Quelle est son bilan après 3 ans de gouvernance et d’opposition ? Le néant. Les Tunisiens n’ont rien eu des promesses de développement, de dignité, de prospérité et de bien être.
Avec la flambée des prix, l’aggravation de la crise et l’augmentation du chômage, d’autres maux viennent noircir ce tableau : la division du peuple, la violence qui se généralise, la haine qui s’installe , les assassinats qui se multiplient et le sang qui coule.
La gouvernance de la Troika a montré ses limites et son incompétence criarde à mener les affaires de l’Etat. En s’appuyant sur le seul critère d’allégeance, la troika s’est attirée les foudres de ses propres partisans ainsi que d’une bonne partie de l’opinion publique qui voit dans ces pratiques un déni de la valeur du mérite et de la compétence et un sacre pour le clientélisme et le familiarisme.
Dépourvue de force de proposition, surfant sur la fibre séparatiste, ne disposant pas de programmes crédibles et éloignée de la réalité du terrain, l’opposition s’est spécialisée dans l’occupation de l’espace cathodique pour crier et affirmer ses « non » systématiques à défaut de vision et de stratégie alternative.
Le constat est amer et hélas nos jeunes sont morts pour rien. L’injustice, la misère, la corruption et l’affairisme sont toujours là. et les 2 présidents successifs ( Mbazaa& Marzouki) et les 5 gouvernements qui se sont relayés à gouverner le pays depuis le 14 Janvier 2011 ( Ghannouchi 1& 2, Caid Essbssi, Jebali et Laareyedh) n’ont pas réussit ni à éradiquer les maux du passé ni à offrir aux tunisiens qui souffrent le petit coin de paradis dont ils rêvaient et pour lequel ils se sont sacrifiés.
Jalel JEDDI
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