
Croire que la révolution tunisienne qui a permis de mettre fin au régime Ben Ali est l’œuvre de la seule conjugaison de la mort de Bouazizi , du chômage des diplômés, de la répression des mouvements sociaux, de l’insolence des Trabelsi et du courage, de la volonté et du ras-le-bol des Tunisiens, descendus par milliers réclamant plus de liberté, de dignité et de justice, c’est manifestement faire preuve d’une très grande naïveté et
d’une ignorance manifeste des dessous de ce savoureux mélange entre architecture stratégique de la politique américaine , influence des services de renseignements étrangers et trahison de personnalités politiques locales.
La lutte des Tunisiens pour plus de justice et de dignité a été vaine et leur combat légitime contre l’affairisme et le clientélisme a échoué. Les immolations ont continué, la précarité et la misère menacent de plus en plus de Tunisiens, l’affairisme prend d’autres formes, les escrocs ont changé de visage, les imposteurs ont pris le pouvoir et la répression n’est plus l’œuvre de la police mais des milices parallèles.
Dans cette hystérie collective et ce grand bazar de l’hypocrisie humaine, il devient hélas impossible de distinguer les honnêtes hommes, libres et patriotes des traitres, sans foi ni loi à la solde des internationales socialistes, sionistes, islamistes et capitalistes.
Tels des migrants clandestins, les Tunisiens commencent à s’affoler en voyant leur bateau prendre l’eau et les pirates quitter le navire les abandonnant seuls à affronter la tempête du terrorisme et typhon de la misère. Il est vrai que ces pirates borgnes et lâches ont profité de l’espoir des Tunisiens d’une vie meilleure pour les violer sauvagement dans leur existence et leur sécurité. Le navire est pris d’assaut par des vautours qui se livrent une bataille acharnée pour le contrôler, le spolier de ses richesses et asservir ses passagers naïfs et sans défense.
Naïfs et dupes, les Tunisiens ont salué la destitution de Général et ont applaudi le nouvel équipage et le commandement américain. Ils ont cru que le putsch allait les sauver de la noyade et qu’ils allaient participer activement à la reconstruction du navire pour accoster sur la plage du bonheur mais les nouveaux pirates se révèlent hélas plus sanguinaires, plus égoïstes, plus avides, plus cupides, plus hypocrites et plus prompts à envoyer l’embarcation et ses millions de passagers dans les eaux troubles pour naufrage certain.
Les nouveaux tricheurs, à la solde des Internationales Islamiste, Socialiste et Capitaliste, qui se livrent une bataille acharnée pour le contrôle du navire, porteront devant l’histoire, l’entière responsabilité de l’éclatement de l’unité des passagers, de leur noyade et du naufrage du vaisseau construit grâce à la sueur et au labeur de tunisiennes et de tunisiens libres, légendaires et patriotes.
Mais ces pirates féroces et murés dans leurs certitudes violentes, séparatistes, et autodestructrices vont-ils lâcher du lest et accepter qu’un nouveau commandement prenne le pouvoir pour épargner le vaisseau et sauver ainsi les millions de passagers de la violence fratricide, de la misère, de l’hypocrisie morale et de la crise de valeurs ?
Sans un commandement fort, déterminé indépendant, libre, patriote et n’obéissant qu’à l’appel du devoir et de tout le peuple, le navire risque de chavirer inéluctablement, de prendre l’eau et d’emporter sur son passage la vie de millions de Tunisiens, leur histoire millénaire et leur patrimoine ancestral. Dans un combat de survie, surtout face à des pirates, à des tricheurs sans vertu et à des marchands d’illusion, la règle d’OR serait de brandir les seules valeurs qui vaillent : le patriotisme et l’intérêt suprême du peuple.
Jalel JEDDI
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