Invité mardi soir sur la chaîne Nesma, Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha a explicité le communiqué du conseil de la choura à propos de la position de son mouvement.
Le second communiqué n’est pas en contradiction avec le premier, dit-il. Le second est plus clair. Lors du premier tour, il y avait 27 candidats, cette fois-ci il ne reste plus que deux. Nous encourageons nos militants et nos sympathisants à participer en masses au scrutin, ils auront à choisir entre Béji Caid Essebsi et Moncef Marzouki ou voter blanc. Ghannouchi a rappelé la proposition de son parti de se mettre d’accord sur un candidat consensuel pour éviter que la campagne ne se transforme en une arène de calomniateurs.
La machine électorale d’Ennahdha a travaillé pour Marzouki ? « Nous n’avons pas de double langage. Marzouki a réussi à s’adresser aux électeurs potentiels d’Ennahdha alors que certains dirigeants du Nidaa ont utilisé un discours de rejet de l’autre, faisant miroiter la crainte du retour des vieux démons. Or, il fallait, plutôt, rassurer et séduire les électeurs. »
Rached Ghannouchi n’a pas nié que des observateurs d’Ennahdha ont aidé le candidat Moncef Marzouki lors du premier tour déclarant que « même si Béji Caid Essebsi nous l’avait demandé nous l’aurions fait, comme c’était le cas pour le CPR, le Courant d’El Mahabba et Frikha ».
Abordant la campagne électorale, le président d’Ennahdha, rejette l’idée du retour à la dictature disant que « la page est définitivement tournée et que ce terme est utilisé pour faire peur ». Toutefois, a-t-il ajouté « nous sommes menacés par le désordre et le non respect de la loi ». Avec des messages à peine voilés, il craint une difficile cohabitation entre les deux têtes de l’exécutif, en cas de victoire de Moncef Marzouki ».
Quant à la forme du prochain gouvernement, il a réitéré la position de son mouvement qui défend l’idée d’un gouvernement d’union nationale soutenu par une majorité confortable. « Et c’est ce que j’ai expliqué à Béji Caid Essebsi, en sa qualité de président du parti vainqueur des législatives ».
Cheker Berhima