La Chine n’est plus cet ogre sommeillant au loin de nos frontières, mais celui de l’incontournable partenaire, adversaire, concurrent ou associé désiré ou indésirable qui s’impose sur la scène internationale et exige le respect à la fois des pays développés et de ceux en voie de développement ! Point n’est nécessaire d’aller visiter ce pays des paradoxes résolument décidé à relever les défis les plus ardus.
Les Chinois avec leur « made in China » sont chez-nous depuis des lustres et remplissent abondamment nos cuisines, nos garde-robes, nos salons, nos murs, nos bureaux et même nos poches par des produits divers, équipements, matériels, outillages, etc.
Cette conquête tranquille à la chinoise des foyers, des industries, de la bureautique et j’en passe, a certainement obéi à une stratégie de longue haleine que la globalisation n’a fait qu’exacerber.
Cette poussée spectaculaire chinoise s’exerce tous azimuts sur tous les pays du monde et n’épargne certainement pas la première puissance économique qui a déjà tremblé devant quelques OPA sur son propre sol !
Force est de constater que cette nouvelle donne n’est en réalité qu’un retour à un ordre naturel des choses, puisque nous avons tendance à oublier que la Chine est membre permanent du Conseil de Sécurité (depuis 1945 ) et fut l’une des plus grandes puissances d’Asie
L’exemple de la Chine semble être indispensable pour nous permettre de comprendre que le développement économique est loin d’être le fruit du hasard.
Il ne peut être que la conséquence d’une détermination populaire, conjuguée avec une clarté décisionnelle politique bienfaitrice.
En définitive, les crises, les digressions et les régressions dictent souvent une remise en question globale des politiques engagées par des gouvernants avertis et nantis d’une vision futuriste, d’un rêve porteur d’espoir pour une population dont seule l’évocation du nombre allèche les entrepreneurs des quatre coins du monde, qui espèrent accéder à une miette d’échange commercial sur un marché où le raisonnement classique n’est pas de vigueur !
Évidemment, 1% du marché chinois dépasse un pays comme le nôtre tant les dimensions, repères et statistiques conventionnels sont limités quand on invoque l’Ogre du Milieu ! Chercher la confrontation avec ce pays serait un pur suicide économique. L’ignorer serait une pure cécité stratégique.
L’accompagner dans son élan de « destroyer » et lui servir de tremplin pour qu’il accède plus facilement à des pays européens de proximité est la seule et unique voie de notre salut économique à brève et à longue échéance.
Comme nous n’avons ni de Centrales Nucléaires à lui offrir, ni des TGV à lui proposer ni encore des produits fossiles à profusion à lui soumettre, il incombe à nos entrepreneurs de lui suggérer notre Know-how, nos services et nos plates-formes logistiques maritimes à réaménager ou à accroître dans un temps record, conformément à un plan directeur d’urgence !
Chercher encore si la Chine doit faire peur aux Maghrébins, constituerait une autre grande échéance de perdue après celle où l’Asie du sud-est marquait des points fatalement à notre détriment.
La boutade des années 80 qui nous prévenait de « ne jamais tenter de rattraper un Japonais qui court, mais de nous préparer à lui lancer un défi pour une prochaine compétition » est tombée en désuétude parce que nos armures n’étaient pas capables de nous propulser vers une logique de défi inter maghrébin ou de nous guider à finaliser notre Grand Maghreb, souffrant encore du syndrome de l’individualisme archaïque.
Cette nouvelle échéance n’est plus à nos portes, mais elle s’est invitée dans nos foyers, comme pour nous pousser à une réaction d’amour-propre qui excitera nos chevaux de pur-sang, arabes sommeillant en nous, par manque de lucidité et de clairvoyance socio-économiques et/ou géopolitiques ! Nos modèles de développements calqués sur l’occident prônant le libéralisme, quand bien même socialisant, ont permis certes de progresser, mais à un rythme faible.
L’écart entre nous et nos voisins européens est resté le même (rapport de 1 à 10 en terme de PIB/H) ce qui nous suffirait à renoncer à cette orthodoxie qui est loin d’être la panacée, tant miroitée.
La Chine communiste a démontré sa propension et son adaptation à l’économie de marché sans rupture avec ses principes de base. A l’évidence, son redéploiement original allie libéralisme et communautarisme et expose une autre voie micro et macroéconomique de développement qui n’a rien à envier aux paradigmes d’emprunt connus jusqu’alors…
Notre réveil n’est plus aujourd’hui un choix mais un diktat, si nous voulons ensemble sauver nos générations futures et leur éviter encore une fois un rôle de spectateurs dans un monde de plus en plus globalisé et dépendant de protagonistes chevronnés.
La fatalité est un vain mot qui détruit toutes les velléités de surpassement. Nous avons les capacités de réagir et de reprendre notre destin en mains pour peu que nous puissions établir une stratégie maghrébine commune sur fond de spécialité par pays en évitant toute concurrence interne néfaste et fragilisante. Commençons sans plus tarder à annihiler nos barrières physiques et psychologiques et regardons ensemble la Chine comme un gros client qui a des besoins énormes à satisfaire.
Charge à nous de décomplexer nos aptitudes à chercher les services qui répondraient aux attentes de nos acquéreurs potentiels dans les secteurs suivants : l’agriculture, le tourisme, l’artisanat, le culinaire, le conseil managérial, la formation ciblée, l’enseignement, le pilotage d’avion civil, la médecine, la chirurgie, le thermalisme, etc.
En même temps, des alliances tactiques peuvent voir le jour avec d’autres pays de tailles inférieures à la Chine (sans compter l’Inde et le Pakistan qui attisent déjà le déploiement des pays les plus puissants de l’occident) mais à l’avenir radieux dont nous pourront scruter avec grand intérêt les marchés : l’Afrique, l’Australie (pourquoi pas ? !) et/ou nos contrées arabes du Moyen Orient.
Le concept de coopération Sud-Sud de proximité ou de voisinage est aujourd’hui obsolète parce que là aussi la vision mondialiste nous exhorte à développer une veille économique sérieuse qui affûtera nos choix de marchés dans lesquels nous seront capables de parvenir à des accords commerciaux durables dans des niches, dénichées dans le reste du monde.
Les forces vives de nos pays du Maghreb peuvent et doivent s’unir en vue de sceller leurs forces entreprenantes pour un noble objectif ou un rêve dépassant nos frontières figées : devenir une puissance économique régionale ou mondiale reconnue par son innovation, son ouverture, sa cohérence et sa crédibilité à l’horizon de 2030 avec un PIB / H de 30.000$.
« Le rêve est le commencement de la gloire parce qu’ennemi de la fatalité ! »