
Une fois n’est pas coutume, la compagnie nationale aérienne Tunisair continue de s’illustrer par ses manquements, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Après le gros scandale qui a éclaté il y a seulement quelque temps à l’aéroport de Tunis-Carthage lorsqu’un passager, qui avait pourtant réservé et confirmé un mois à l’avance, s’est vu empêcher l’accès au vol…, c’est une nouvelle affaire qui ébranle désormais Tunisair.
Au moment où la Tunisie célèbre en choeur l’adoption de la nouvelle Constitution et la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale, Tunisair vient de faire une fausse note qui risque de nous coûter cher. Nul n’ignore l’intérêt que le monde entier et la presse étrangère ont accordé à cet événement grandiose que nous vivons. Evénement censé promouvoir la destination Tunisie et son tourisme.
C’est d’ailleurs dans le but de promouvoir le produit touristique culturel et artisanal et la mise en valeur du patrimoine des différentes régions de la Tunisie, que la chambre régionale des femmes chefs d’entreprises de l’Ariana a décidé d’organiser au palais El Ebdellia, la première édition de la journée de promotion du tourisme culturel intitulée « Notre belle Tunisie ».
Placée sous le thème « Tourisme, Culture et Patrimoine », cette journée qui a pour objectif de promouvoir le tourisme tunisien surtout dans les conjonctures actuelles, devait accueillir des hôtes du monde entier dont une cinquantaine de journalistes.
Sauf que la plupart de ces personnalités ont vu leur déplacement à Tunis perturbés et certains parmi eux l’ont même semble t-il annulés.
Et pour cause ! Tunisair, encore lui, est dans le collimateur. C’est que les passagers du vol 725 de Tunisair, qui devait quitter aujourd’hui l’aéroport de Paris-Orly à destination deTunis, n’ont jusqu’à pas pu fouler le sol tunisien.
Selon des témoins bloqués à Paris, de nombreux dysfonctionnements ont eu raison du timing du vol. L’on évoque un souci technique, une panne de l’avion et une pièce qui devait arriver de Tunis pour la changer. Si bien que le vol, qui était prévu ce matin à 9h aurait été bloqué durant de longues heures, suscitant la colère et l’indignation de tous les passagers.
Les responsables de Tunisair ont beau tenter de calmer les ardeurs en annonçant l’arrivée imminente de la pièce, rien n’y fit. Ainsi, après avoir poireauté jusqu’aux environs de 13h30, la compagnie a décidé de regrouper tout ce beau monde et de les transférer vers un hôtel, en attendant que la situation se débloque. Sauf que la patience de certains a des limites.
Le plus insupportable dans toute cette gabegie, c’est que parmi les passagers figurent nombre de journalistes français, et en particulier ceux de TV5, lesquels étaient censés faire un reportage sur la Tunisie.
Dépités par tant de désorganisation, de lenteur, de manque d’information et surtout de dysfonctionnement de la part d’une compagnie aérienne nationale, les journalistes de TV5 ont tout simplement annulé leur voyage.
Conséquence, un reportage qui était censé faire la promotion de notre pays pourrait se transformer en reportage négatif sur la compagnie Tunisair. Une mauvaise publicité qu’on se serait volontiers passée, en cette période où le tourisme tunisien est au ras des pâquerettes.
Autrement dit, l’événement intitulé « Notre belle Tunisie » risque de ne pas produire l’effet escompté !
Une source du comité d’organisation qu’on a contacté pour avoir de plus amples détails a confirmé l’affaire et a exprimé ces craintes que les efforts pour améliorer l’image de la destination Tunisie s’avèrent vaines suite à ce grand retard du vol de Tunisair ramenant certains invités étrangers.
Signalons qu’on a essayé à maintes reprises de contacter la direction de la communication de la compagnie nationale pour avoir sa position sur ce retard, mais toutes nos tentatives sont demeurés vaines.
Et pour ne rien arranger aux choses, des sources dignes de foi viennent de nous relater, alors que nous mettions sous presse cet article, une histoire similaire, mais cette fois-ci à Barcelone. Des passagers y font également le pied de grue et scrutent l’horizon dans l’espoir de voir poindre « l’oiseau » Tunisair. Peine perdue: ils vont devoir encore attendre, faute de grève dit-on du personnel de Tunisair ! Jusqu’à quand ? Nul ne le sait !
Entre-temps on ne peut que croiser les doigts pour que cet incident n’ait pas de retombées et pour que Tunisair fasse désormais preuve de responsabilité et plus de professionnalisme pour arrêter cette hémorragie qui ne cesse, chaque jour que Dieu fait, de ternir non seulement son image, mais aussi celle de notre pays qui a besoin de tout, en ce moment, sauf d’une mauvaise publicité.
O.D.