
Durant le lundi 4 et mardi 5 mars 2014, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, effectue une visite officielle en Tunisie. Une visite durant laquelle il a rencontré nombre de décideurs et de personnalités tunisiennes à l’instar du Chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ, ou encore le Président provisoire de la République, Mohamed Moncef Marzouki.
Ce qui interpelle l’opinion générale, qu’elle soit tunisienne ou encore internationale, c’est le timing de cette visite officielle, alors que les yeux du monde entier sont braqués sur la Russie dans sa gestion du conflit ukrainien.
Certes, cette visite a été programmée bien avant le déclenchement des événements en Ukraine mais ceci n’a pas empêché pour autant Lavrov de la maintenir cette visite tout en respectant le programme initial mis en place dans son intégralité, bien que tout indiqué qu’il allait l’annuler pour demeurer en Russie gérer la communication de crise de la diplomatie de son pays.
Alors que les Etats-Unis d’Amérique ont suspendu leur coopération militaire avec la Russie, le ministre russe des Affaires étrangères est en visite officielle dans nos murs… c’est dire l’intérêt que porte cette grande puissance mondiale à la Tunisie, surtout lorsque l’on sait que Moscou a mis en place un Task Force pour faire face à la crise.
Cette première visite historique du premier responsable de la Diplomatie russe en Tunisie ne cesse d’attiser les spéculations et autres réflexions des experts internationaux.
Cependant, il semble que ce qui a poussé Lavrov, à maintenir cette visite c’est les enjeux désormais énorme dans la région.
Après la France et les Etats Unis, c’est la Russie qui cherche elle aussi à avoir un pied dans le Maghreb et à soutenir la transition démocratique qui a réussi à tirer son épingle du jeu dans les pays du printemps arabe. Car l’on sait qu’historiquement parlant, la Tunisie a été beaucoup plus proche de l’occident et l’on entend par là, les Etats du vieux continent, essentiellement la France mais aussi les USA.
Serguei Lavrov, avec cette visite, entend, parait-il, remettre les choses dans leur cadre et contexte, et profiter de cette situation de transition démocratique pour développer davantage les relations entre les deux pays. Il faut noter que la Russie a salué à maintes reprises la révolution tunisienne et soutient indélébilement les pays du printemps arabe.
Il semble que Moscou ne veuille pas laisser le champs libre aux pays occidentaux pour cueillir à eux seuls les fruits de ce changement géopolitique qui s’opère dans la région et qui aura très certainement des conséquences socio-économiques à l’échelle mondiale.
Slim Maâtoug
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