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SNJT: 22 atteintes contre les journalistes en juillet, le plus haut niveau de l’année

22 août 2026
in Actualités
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SNJT :  une charte pour la couverture médiatique des festivals d’été
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Le nombre d’atteintes visant les journalistes et photojournalistes a fortement augmenté en juillet 2026, atteignant son niveau le plus élevé depuis le début de l’année.

L’Unité de monitoring du Centre de sécurité professionnelle du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) en a recensé 22, contre 16 en juin, selon son rapport publié vendredi 21 août.

Sur 25 signalements reçus, 22 ont été retenus comme des atteintes. Elles ont concerné 14 hommes et huit femmes travaillant dans 12 établissements médiatiques, ainsi que six journalistes indépendants.

Interdictions de travailler et entraves en tête

Les interdictions de travailler constituent la principale atteinte recensée, avec sept cas, suivies de six cas de harcèlement ou d’entrave, quatre poursuites judiciaires, deux cas d’incitation, deux de rétention d’informations et une agression physique.

Les chargés de communication et les agents de sécurité figurent parmi les principaux responsables identifiés. Vingt atteintes se sont produites dans l’espace physique et deux dans l’espace numérique. Tunis concentre 13 cas, devant Nabeul avec sept.

Les festivals dans le viseur

Une partie importante du rapport concerne les difficultés rencontrées lors de la couverture des festivals d’été. Le SNJT dénonce notamment le manque de transparence dans l’attribution des accréditations, les restrictions d’accès et de déplacement ainsi que les interventions dans le travail des journalistes.

Des incidents ont été documentés lors des festivals de Nabeul, Hammamet, Carthage, Bizerte et Boukornine. À Bizerte, une journaliste couvrant un concert a été agressée physiquement après avoir refusé de changer de place. Elle a dû se rendre à l’hôpital avant de déposer plainte.

Le syndicat estime que ces incidents révèlent l’absence de règles unifiées pour encadrer la couverture médiatique des manifestations culturelles et réclame des critères d’accréditation transparents et équitables.

Des entraves dans l’espace public

Le rapport fait également état de journalistes empêchés de couvrir des mouvements de chauffeurs de taxi individuel à Nabeul et à Tunis, ainsi que de deux journalistes empêchés de travailler avenue Habib-Bourguiba.

Le SNJT signale aussi le refus de la Steg de fournir à la journaliste et juriste Sanaa Adouni des informations sur les coupures d’électricité. Le rapport revient par ailleurs sur la décision du président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, d’interdire aux journalistes de prendre des photos avec leurs téléphones depuis la salle des séances plénières.

Poursuites et condamnations

Le volet judiciaire demeure préoccupant. Le rapport cite notamment les condamnations par contumace de l’ancien membre de la Haica Hichem Snoussi à six mois de prison, ainsi que des journalistes Hamza Belloumi et Ines Boughediri à un an chacun. Il mentionne également la condamnation en appel de l’homme de médias Haythem Mekki à un an de prison.

Le journaliste Zied El Heni a, de son côté, été renvoyé devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes, tandis que le photojournaliste Jilani Khadhar a été convoqué dans une affaire remontant à 2021.

Le SNJT réclame la fin des peines de prison

Face à cette situation, le SNJT demande un cadre clair pour la couverture des festivals, des critères transparents d’accréditation et un accès équitable pour tous les journalistes.

Il appelle également le ministère de l’Intérieur à respecter la carte professionnelle de journaliste et à enquêter sur les agressions et entraves imputées aux agents de sécurité.

Le syndicat réclame enfin le respect des garanties d’un procès équitable, la révision des condamnations privatives de liberté et la libération des journalistes emprisonnés. Il demande que les poursuites visant les journalistes relèvent du décret-loi 115 et que les peines de prison ne soient plus appliquées dans les affaires liées à la liberté d’expression et à l’exercice du métier.

Tags: journalistesSNJT
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