
L’institut d’études marketing, media et opinion 3C Etudes a réalisé du 15 au 21 mai 2013 la dix-septième vague de son baromètre politique post-élections qu’il a lancé en janvier 2012.
Le sondage a été réalisé par téléphone en mode CATI (Computer Assisted Telephone Interviewing) auprès d’un échantillon représentatif de la population tunisienne âgée de 18 ans et plus, de 1678 personnes. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas respectant 5 variables de contrôle : l’âge (6 tranches), le sexe (2), la région (8 : les 7 régions de l’INS avec le partage du Centre-est en Sahel et Sfax), le milieu d’habitation (urbain et rural ou plus exactement communal et non-communal et pondération par taille) et la Catégorie Socioprofessionnelle ou CSP (9 catégories) qui sont :
Cadres supérieurs, Professions intermédiaires, Employés administratifs Agents des services et vendeurs, Agriculteurs et ouvriers de l’agriculture et la pêche, Artisans et ouvriers chômeurs élèves ≥ 15ans et étudiants retraités, incapables de travailler et autres femmes au foyer
Il ne reste plus d’excuse, à partir de ce jour, à qui que ce soit d’utiliser des catégories socioprofessionnelles autres que celles-ci. Tout le monde sait aujourd’hui clairement quelle est la raison pour laquelle la plupart des sondages publiés en Tunisie ne pourraient en aucun cas être considérés comme des sondages.
Dorénavant, l’attention est requise par tous les lecteurs, politiques, médias et grand public pour s’assurer que les sondages d’opinion qui leur sont proposés respectent les CSP (qu’ils connaissent désormais), et à défaut, ne même pas en tenir compte ! Les agences de communication ont désormais une réponse claire à la question qu’ils se posent depuis une dizaine d’années. Qu’est-ce qui cloche dans les sondages qui leur sont fournis et qui ne leur permettent pas de proposer à leurs clients des stratégies en adéquation avec la réalité, ce qui fait que le secteur est resté complètement atrophié et n’a pas pu prendre la dimension qui lui est due. Ils savent maintenant pourquoi. La messe est dite ! Nos agences de communication, nos entreprises et notre Pays mérite mieux. Arrêtons cette mascarade qui n’a que trop duré !
Les principaux résultats de la dix-septième vague – mai 2013
Satisfaction par rapport à la situation sécuritaire
Le taux de satisfaction des Tunisiens quant à la situation sécuritaire du pays se maintient à son niveau du mois dernier soit 51%.
En parallèle, le taux d’insatisfaction recule de 2 points et passe à 45%.
Le degré de satisfaction quant à la prestation du gouvernement
Après avoir perdu 2 points, le mois dernier, le taux de satisfaction des Tunisiens quant à la prestation du gouvernement en gagne un, ce mois-ci en se plaçant à 31%.
Parallèlement, le taux d’insatisfaction recule de 4 points et s’établit à 60%.
Le degré de satisfaction quant à la prestation de l’opposition
C’est le troisième mois d’affilée que la satisfaction des Tunisiens quant à la prestation de l’opposition recule. Elle perd encore deux points, au mois de mai, et s’établit à 30%, un taux inférieur à celui relatif à la prestation du gouvernement. Pourtant, le taux d’insatisfaits recule lui aussi d’un point pour se situer à 53%. Ceux qui ne se prononcent pas au sujet de la prestation de l’opposition représentent 17%, un taux assez élevé, en hausse de 3 points.
Le degré de satisfaction de la prestation des médias
La satisfaction des Tunisiens quant à la prestation des médias régresse de 2 points en se situant à 65%. Parallèlement, le taux d’insatisfaits remonte à 29%, en hausse d’un point sur le mois dernier.
Élections législatives
NB. : Rappelons d’abord que les interviewés répondent de manière spontanée. La question leur est posée sans citer aucun nom de parti. Ce sont eux qui nomment le parti de leur choix ou non (cas d’abstention ou de vote blanc ou d’indécision). Pour faciliter la lecture des résultats, et pour éclairer l’opinion publique, ces résultats sont interprétés comme cela se passerait dans de véritables élections où seules les voix exprimées sont prises en compte pour donner des résultats déterminant l’échiquier politique. Ces résultats adoptent donc une méthodologie différente de ceux des élections présidentielles, présentés ci-dessous, où nous vous fournissons les déclarations des interviewés, sans interprétation.
En cas de tenue d’élections législatives, 46% des électeurs potentiels qui ont l’intention de voter ne pourraient pas porter leur choix sur un parti. Un taux en hausse de 2 points sur le mois dernier. Nida Tounes réconforte sa première place en récoltant 33,8% des suffrages, en avance de 1,6 point sur le mois dernier. D’autant plus qu’Ennahdha recule encore de 0,7 point et recueille 29,4% des voix. Al Jabha Chaabia progresse de 0,6 point et garde la troisième place avec 11,6%. La quatrième place revient encore à Al Joumhouri qui récolte 5,4% malgré un recul de 0,4 point. Al Aridha recule encore d’un point avec 4,7% des voix. Le CPR garde exactement le même taux de 2,1%, ex aequo avec Hizb Attahrir qui progresse de 0,3 point. Viennent ensuite Ettakattol avec 1,8% (en hausse de 0,4 point), UPL avec 1,7% (en baisse de 0,5 point), Wafa avec 1,4% (en hausse de 0,7 point) et (El Kotb + Al Massar) avec 1,4% également. D’autres partis ont recueilli des taux plus bas.
Si des élections présidentielles avaient lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous ?
NB. : Les interviewés répondent à cette question de manière spontanée. Nous nous limitons à leur poser la question. Aucun nom ne leur est cité. Ils sont libres donc de choisir le candidat qui correspond le mieux à leurs préférences, quitte à choisir des personnalités qui ne font pas partie du champ politique, qui n’ont pas le droit de se présenter, décédées ou étrangères. 3C Etudes vous rapporte fidèlement les déclarations des Tunisiens et ne voit pas au nom de quoi il supprimerait des noms car les réponses ne sont pas logiques ou légitimes. Notre métier est de mesurer le plus fidèlement les opinions des Tunisiens et non pas de juger leurs choix.
En cas d’élections présidentielles aujourd’hui, 35,8% des Tunisiens qui ont l’intention de voter seraient encore indécis, incapables de porter leur choix sur un candidat. Un chiffre en baisse de 4 points sur le mois dernier. Béji Caïd Essebsi conforte sa première place en obtenant 16,2% des voix, un score qu’il n’avait jamais atteint depuis qu’il a fondé Nida Tounes. Le mois dernier il récoltait 10,1% des intentions de vote. A la deuxième place, on trouve toujours Hamadi Jebali qui garde le même score de 6,4% des voix. La troisième place revient encore une fois à Hamma Hammami malgré un recul d’un point.
Il obtient 2,9% des voix. Ahmed Nejib Chebbi fait un bond spectaculaire et occupe, pour la première fois, la quatrième place en hausse de 1,2 point. Il s’octroie 2,6% des voix et devance, ainsi, Moncef Marzouki qui obtient 2,3% des suffrages (en baisse de 0,8 point). Ali Laaraiedh remonte à la sixième place avec 2,1% des voix (en hausse de 0,3 point). On trouve ensuite Taïeb Baccouche avec 1,6% des voix, en baisse de 0,9 point. Il est talonné par Mustapha Ben Jaafar (1,5%), Mohamed Abbou (1,4%) et Kamel Morjène (1,3%).
Le second tour d’éventuelles élections présidentielles
En cas de passage, de Béji Caïd Essebsi et de Hamadi Jebali au second tour des élections présidentielles, c’est le leader de Nidaa Tounes qui l’emporterait avec 51,2% des suffrages contre 48,8% pour le secrétaire général d’Ennahdha. Au mois dernier c’était Hamadi Jebali qui aurait été élu avec 50,6% des voix.
Discussion about this post