Le bureau national du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) a rappelé, ce vendredi, que selon les textes définissant les droits et les obligations du syndicat d’une part et de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), d’autre part, les pharmaciens doivent être payés dans un délai de 14 jours.
Dans un communiqué publié en réaction aux déclarations attribuées par certains médias au ministre des affaires sociales, Issam Lahmar, qui aurait indiqué, hier jeudi, que le paiement pharmaciens privés ne serait effectué que s’ils reprennent le travail avec le régime du tiers payant avec la CNAM, le SPOT a souligné que les institutions de l’État sont tenues de garantir le respect de la loi et des engagements conformément à la loi n° 71 de 2004 portant création du régime d’assurance maladie et à la convention sectorielle signée le 14 février 2019 et ses avenants modificatifs et complémentaires.
Par ailleurs, le SPOT a affirmé que les contacts avec la CNAM et le ministère des Affaires sociales n’ont pas été interrompus depuis septembre dernier. Il a précisé avoir reçu des promesses verbales de règlement des sommes dues au début et à la fin du mois de septembre, puis au début du mois d’octobre. Le syndicat a également adressé un courrier aux ministères concernés le 19 octobre et tenu des réunions avec les deux institutions dans un climat de respect mutuel et de compréhension.
Les pharmaciens ont attendu que ces engagements et promesses soient honorés, mais la non régularisation de la situation les a poussés à suspendre le travail avec le régime du tiers payant, a souligné le SPOT exprimant le souhait de voir cette situation réglée.
Dans un communiqué publié le 22 juillet dernier par l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) suite à la tenue d’une réunion entre la Commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées et les représentants du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT), du SPOT et du Syndicat tunisien des médecins libéraux (STML), les représentants du SPOT avait indiqué que le retard de paiement des pharmaciens atteindrait six mois à la fin du mois de juillet, portant les dettes de la CNAM à plus de 180 millions de dinars, soit environ un million de dinars supplémentaires par jour de retard.
Ils avaient averti que cette situation risque d’entraîner une crise financière pour un grand nombre de pharmacies, dont certaines ne sont plus en mesure de payer leurs fournisseurs de médicaments ni leurs charges fiscales et sociales. Selon eux, près de 300 pharmacies, sur environ 2 mille conventionnées, avaient déjà suspendu le travail avec la filière du tiers payant.

