
L’affaire qui a éclaté ces derniers jours concernant les accusations de blanchiment d’argent et la concurrence déloyale initiée par les chaînes « Nessma TV », « Hannibal Tv » et « TWT » contre la chaîne « Attounsia » a ouvert une grande polémique dans le monde médiatique et juridique.
Selon Maître Leila Ben Debba, l’avocate qui représente la société Nessma Prodcast dans cette affaire, le ministère public a ouvert une enquête qui toucherait l’administrateur judiciaire de la société Cactus Prod, Ilhem Essoufi Torjmen, Sami El Fehri, Mohamed Fadhel Ben Ammar, Directeur administratif de la société Cactus Prod et Pascal Piron propriétaire de la chaîne « Attounsia » ; ainsi que toutes personnes qui seraient impliquées dans cette affaire.
Parmi les faits reprochés, Maître Ben Debba évoque non seulement la concurrence déloyale, le blanchiment d’argent et le transfert illégal d’argent vers l’étranger puisque les sociétés nationales n’ont le droit de diffuser leurs spots publicitaires sur les chaines étrangères, qu’après avoir obtenu les autorisations nécessaires de la Banque Centrale de la Tunisie.
Et comme « Attounsia » est une chaîne considérée étrangère puisqu’elle n’a pas d’autorisation d’émettre à partir de la Tunisie et puisqu’elle appartient à la société Rainbow Holding Company LLC, l’imbroglio judiciaire dans lequel sont plongés Attounissia TV et Cactus Prod est loin de connaître son dénouement.
Surtout que Pascal Piron, propriétaire de la chaîne « Attounsia » a lui aussi attaqué Cactus et a poursuivi pour piraterie ceux qui diffusent des productions sur sa chaîne sans son consentement.
Cette affaire à fortes zones d’ombre vient prouver qu’en l’absence d’une haute instance de régularisation des médias, le secteur de l’audiovisuel en Tunisie vit dans une période d’anarchie et de non droit.
Plusieurs chaînes sont dans l’illégalité puisqu’elles diffusent de l’étranger, sans autorisation des autorités tunisiennes. Et même ceux qui ont obtenu des autorisations temporaires à l’époque de Béji Caïd Essebssi, ont vu ces autorisations arriver à terme depuis belle lurette.
D’un autre côté, étant handicapé par l’absence de revenus des spots publicitaires provenant des sociétés tunisiennes, la majorité des quatorze chaînes « censés être tunisiennes » sont étouffées sur le plan financier et n’arrivent plus à joindre les deux bouts pour honorer leurs engagements.
Certaines parmi elles n’arrivent même plus à payer leur personnel ou même la location du satellite.Et comme nos chaînes ont désormais l’étiquette d’être des mauvais payeurs, et qu’il y a parallèlement une forte demande sur Nilesat, la société responsable de ce satellite est devenue beaucoup plus exigeante en matière de paiement arrivant désormais à demander trois mois de caution et un mois d’avance pour toute nouvelle chaîne.
Sachant que le prix annuel du satellite est de 110000 dollars par méga et qu’une chaine qui se respecte a besoin de trois méga en moyenne pour sa diffusion.
Devant cette situation de plus en plus chaotique en l’absence de l’Etat, il est désormais plus qu’urgent de créer cette haute instance de régularisation de l’audio-visuel et de lui donner l’autorité nécessaire pour assainir ce domaine de plus en plus pourri.
M.S.
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